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24 janvier 2008

En 2008, innovons !

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Je ne le répèterai jamais assez, le design ne se résume pas en une activité qui consiste à produire de beaux objets, de beaux graphismes ou de beaux environnements ! C’est avant tout un état d’esprit qui doit s’infiltrer au sein de toute l’entreprise et à tous les niveaux. Un état d’esprit fait d’ouverture, de créativité, de sens, de sensibilité et de sincérité.

Pour être efficace, le design doit également être « global », c’est-à-dire qu’il doit s’insérer harmonieusement et efficacement dans une stratégie et au sein de chaque « facteur design » de l’entreprise : les gammes de produits, leurs packagings, l’identité de l’entreprise et de ses produits/services et enfin de son environnement.

Cette « stratégie design globale » ne doit pas être un artifice, un vernis qui tromperait le consommateur/utilisateur. Celui-ci n’est plus dupe. Éduqué, réfléchi, informé, citoyen et même éco-citoyen, il prendra de plus en plus part à la manifestation du progrès, qu’il soit technologique ou social. Il redéfinira petit à petit les liens qui l’unissent aux entreprises. Il les jugera en fonction de leurs politiques, de leurs stratégies, de leurs méthodes, de leur sincérité, bref de leur éthique…

Mes propos sont sûrement teintés d’idéalisme. Mais je les assume pleinement. Les designers tout comme les architectes sont d’indécrottables idéalistes ! Cet idéalisme n’est pourtant pas vain car nous vivons une époque charnière dans l’histoire de la civilisation occidentale. Nos modèles économiques et sociaux, issus de l’après-guerre, vacillent sur leur piédestal. Au-delà même de ces modèles, c’est tout le processus initié au début du XIXe siècle et fondé sur l’accroissement des richesses par la production industrielle qui est remis en question.

Les « coupables » ? La globalisation d’abord : de d’industrie, de la finance, des médias, de la communication et des échanges en tout genre. Ensuite l’entrée récente dans le jeu de près d’un tiers du « reste » de l’humanité (Chine et Inde en particulier). Autre facteur, la prise de conscience de l’aspect « fini » de notre planète. Celle-ci ne peut nous offrir que ce dont elle dispose. De plus, nous savons aujourd’hui que chaque action individuelle multipliée par des centaines de millions (et bientôt par des milliards) produit fatalement une forte réaction de notre écosystème dont l’amplitude bien qu’indéterminée peu nous ramener à l‘age de pierre ou pour les plus pessimistes à notre extinction pure et simple. Enfin les mutations de nos comportements collectifs : Eclatement de la cellule familiale, désertion des centres ville, personnalisation de nos philosophies de vies ou de nos religions.

Toutes ces évolutions représentent un formidable relais de croissance pour nos économies. Les designers que nous sommes y voient un incroyable potentiel et une formidable chance de refonder nos façons de vivre le quotidien. Soyons convaincu que tout ne fait que commencer…

Pour cela innovons ! Innovons dans tous les domaines ! Jamais l’histoire n’a mis à notre disposition autant d’outils, de technologies, de méthodes ou de savoir-faire. Trouvons des solutions, de nouveaux usages, de nouveaux scénarii. Fondons ensemble un nouvel environnement basé sur cette nouvelle donne. Entraînons avec nous entreprises et citoyens puis laissons libre cours à notre imagination. Tout est possible à condition d’en être viscéralement convaincu.

À toutes et à tous, bonne année 2008 !

janvier 24, 2008 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

20 septembre 2007

Une rentrée bien ordonnée

Automne Depuis quelques jours, les enfants ont repris le chemin de l’école, le planning est de nouveau bien chargé et les vacances semblent loin déjà, quasiment oubliées. À un été pourri sur le plan de la météo suit une rentrée pour le moins classique, active, voir déjà surchargée. Temps mieux ! Les habitudes ont très vite repris le dessus et les quelques jours de beau temps en septembre ne me font pas oublier que les feuilles roussissent déjà et que la durée des jours diminue rapidement. Les beaux jours sont dorénavant derrière nous, une nouvelle année de travail et de projets se profile à l’horizon.
Après de longues semaines d’absence, me voilà de retour sur Design-global.net pour une nouvelle saison d’actus, d'humeurs, d'analyses, de réflexions et j’espère de partage.

Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente rentrée ! À très bientôt sur design-global.net.

septembre 20, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

21 mai 2007

Un nouveau Président

Drapeau Je ne vous apprends rien, depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy est notre nouveau Président. Au-delà des considérations partisanes, après tout, nous sommes (presque) tous démocrates et républicains, que doit-on attendre de celui qui pour cinq ans s’est engagé avec force et conviction à réformer en profondeur notre pays et à le promouvoir par-delà nos frontières ?

À titre personnel, j’attends avant tout de lui qu’il permette aux entreprises, quelque que soient leurs tailles et aux indépendants, de créer plus de richesses. Car créer de la richesse, c’est créer des emplois, permettre l’investissement, l’innovation et inciter à la prise de risque. Créer de la richesse, c’est aussi doper la consommation et indirectement remplir les caisses de l’Etat afin que nous puissions continuer à bénéficier du système social qui est le nôtre et qu’apparemment nous chérissons tant ! En paraphrasant M. de la Palisse je dirais que pour distribuer de l’argent, commençons d’abord par en gagner ! Il est grand temps que nos politiques s’occupent enfin de politique ! Qu’ils aient tels des chefs d’entreprises une véritable stratégie à moyen et à long terme pour sortir la France du marasme ambiant, de la politique du « nini » qui prévaut depuis une trentaine d’années et qui nous a fait tant souffrir à la fois sur la scène hexagonale et dans les statistiques internationales. Sur l‘échiquier mondial, malgré quelques soubresauts Gaulliens, la France est le pays qui systématiquement s’endors sur ses désormais moribonds lauriers. Rappelez-vous ces fameux singes : l’un se cache les yeux, l’autre se bouche les oreilles et le dernier se masque la bouche. Voilà la France d’aujourd’hui. Nous demandons au monde de nous laisser nous gargariser de notre ridicule en crevant lentement, l’esprit débordant de notre soi-disant « illustre » histoire et de notre fameux « modèle social » dont personne n’a jamais voulu puisque totalement inefficace.

Bref, ce que j’attends du nouveau président élu par 53% des voix, 85% de participation et de son nouveau gouvernement, c’est un véritable électrochoc, une révolution dans les esprits mais aussi et surtout dans les actes.

Puissent mes vœux s’accomplir… Bonne chance M. le Président.

mai 21, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

14 mars 2007

Burt Rutan, le designer du ciel

Rutan Burt Rutan fait partie de ces personnages qui me fascinent. Tels James Dyson, Luigi Colani, Dean Kamen ou encore Steve Jobs, Rutan est un véritable visionnaire, un créateur, un défricheur pour lequel rien n’est impossible, un éternel insatisfait tant que « ses visions » ne se sont pas solidement concrétisées dans le réel. Malheureusement rares sont ceux qui le connaissent en dehors du milieu de l’aviation...

Burt Rutan a démarré sa carrière à la fin des années soixantes. Après un diplôme d’ingénieur en aéronautique au « California Polytechnic University » en 1965, Burt rejoint l’US Air Force en temps qu’ingénieur d’essais sur la mythique base d’Edwards dans le désert de Californie. Après avoir cumulé les responsabilités tout au long des années soixantes-dix, il quitte l’Air Force pour créer sa propre société « Scaled Composites, Inc. » en 1982. Depuis lors il n’a de cesse de redéfinir de fond en comble les principes même de « l’avion ». L’avènement des matériaux composites lui permet de définir à moindre coût des formes nouvelles, de répondre aux contraintes d’ordre aérodynamiques et économiques de l’aviation « générale » et de l’aviation d’affaire. Cela fait  vingt ans que je suis avec passion son parcours. Petit à petit ses créations sont devenues de véritables chefs-d’œuvres d’ingénierie et de design.

Burt Rutan a enfin fait la une de l’actualité mondiale le 4 octobre 2004 alors qu’il décrochait avec SpaceShipOne le fameux Ansari X-Prize. Une cagnote de dix millions de dollars qui récompense la première société privée capable de lancer dans l’espace un véhicule habité. Certains ne s’y sont pas trompés. Paul Allen, cofondateur de Microsoft a été le premier à croire en ses capacités d’innovateur en injectant vingt millions de dollars dans la petite société de douze salariés basée au milieu du désert de Mojave. Les fabuleux résultats aidant, Richard Branson, aventurier et demi-dieu de l’empire Virgin injecte à son tour des dizaines de millions de dollars afin de créer à terme un véritable marché de « l’accès à l’espace ». Philippe Starck est choisi pour dessiner le cocon qui englobera l’expérience des premiers « touristes » (fortunés) de l’espace.

Rutan est pour moi un ingénieur de génie, mais aussi et surtout un véritable designer. Il démontre depuis trente ans, projet après projet et malgré le status quo ambiant imposé par les géants du secteur qu’il est toujours possible d’innover, même radicalement, alors même que les lois de l’aérodynamique ou plus largement les lois de la mécanique des fluides s’imposent à tous que l’on s’appelle Boeing, Airbus, Bombardier ou encore Ambraer. Il démontre avec brio qu’il suffit d’oser de nouvelles formes, de nouveaux profils d’ailes, de nouvelles surfaces alaires, de nouveaux matériaux, de nouvelles compositions formelles, de nouvelles structures ou de nouveaux procédés de fabrication pour créer des machines volantes qui répondent parfaitement aux contraintes auxquelles font face, par nécessités économiques et financières toutes les compagnies aériennes du monde : Le prix de revient par passager au kilomètre parcouru.

Quelles conclusions peut-on tirer de l’aventure de Burt Rutan ?
D’abord que les grandes entreprises sont par définition toujours les plus mal placées pour innover et surtout pour innover rapidement. Elles sont encore plus mal placées s’il s’agit d’entreprises gérées d’une manière ou d’une autre, de près ou de loin par des Etats ou des collectivités locales (voir les difficultés d’EADS - Airbus).
Ensuite, l’innovation, la « vision » a toujours pour origine une ou deux personnes au maximum. Ces personnes ne pèsent littéralement « rien » face à des banques, des investisseurs de toutes sortes, l’administration d’une entreprise, un service marketing tout puissant ou l’administration d’une Région ou d’un Etat. De ce fait des milliers d’idées peut-être révolutionnaires sont tout bonnement jetées aux ordures tous les mois simplement par manque d’écoute, de compréhension, de vocabulaire commun. Pire encore, par le simple fait qu’un cadre quelconque vous dira que « ton truc, ça ne marchera jamais ! Je ne vais tout de même pas emmerder ma hiérarchie avec tes trucs à la noix» étant donné que pour lui, il suffit d’être en dehors des clous, de la norme, des habitudes, des standards, des procédures ou encore il suffit qu’il passe une mauvaise journée pour qu’il vous prenne pour un « dingue ». Bon sang quel abominable gâchis !!! Révoltons-nous enfin !!! Je persiste à croire qu’il est possible de mettre en place des procédures qui permettent à tous au sein d’une entreprise de s’exprimer librement en évitant les perpétuels goulets d’étranglement.

Depuis des décennies des personnalités au profil bien trempé nous montrent la voie que nous devrions tous suivre, quelles que soient nos responsabilités. Qu’attendons-nous pour suivre leur exemple ? L’élection d’un nouveau Président de la République au mois de Mai ? Laissez-moi doucement rigoler…

XPrize
Scaled Composites
Burt Rutan
SpaceShipOne
Scaled Composites sur Wikipedia
Philippe Starck

mars 14, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

14 juillet 2006

Design-Global.net : Première bougie

AnniversaireDesign-global.net n’a pas vocation à parler de l’actualité « chaude » des produits, des services ou des marques (sauf exceptions). La raison pour laquelle j’édite ce blog depuis maintenant plus d’un an est la suivante :  Ce blog est mon espace de liberté. Je m’y exprime lorsque mon planning me le permet. Je souhaite y parler de mon métier au quotidien, de ses tenants et aboutissants, de ses fondamentaux, des raisons pour lesquelles je le pratique et des raisons qui me font l’aimer.

Je souhaite également faire de cet espace un lieu de rencontre et d’échange. Un lieu au sein duquel nous pourrions tous, designers, étudiants, consultants ou chefs d’entreprises apprendre les uns des autres dans un seul et unique but : Aller de l’avant, inventer, nous remettre en question et nous donner envie de remodeler l’avenir au sens large. Certains articles me permettent de répondre de manière indirecte aux questions que me posent mes clients. Certains articles son plus personnels, d’autres encore tentent de répondre à des questions dont le champ de réflexion est bien plus large…

Vous êtes plusieurs centaines à lire ses pages quotidiennement. Je vous en remercie.
Pas une seule seconde, je n’aurais pensé fédérer tous les jours autant de lecteurs de par le monde. Une déception toute fois. Vos commentaires sont rares. Cet espace n’est pas seulement le mien. Il est également le vôtre ! Vos commentaires sont précieux. Quelles que soient vos fonctions, faites-nous partager votre quotidien, votre vision du design, vos envies et vos rêves…

Au plaisir de vous lire ! Design-global.net rempile pour une année de plus…
Son avenir vous appartient !

juillet 14, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

08 juillet 2006

Le « Geoportail » de l’IGN prend l’eau

GeoportailIl a été sage d’attendre quelques semaines avant de m’exprimer sur ce fameux service que nous offre l’IGN, www.geoportail.fr. L’ambition de l’Institut Géographique National est de nous proposer un accès interactif aux photos aériennes de la totalité du territoire métropolitain et des Dom Tom, avec une définition sol de 50 cm. Vous en avez tous entendu parler, nombre d’entre vous l’avez testé…

Ce que nous attendions de l’IGN
L’IGN bénéficie, de par son statut, d’avantages que n’auront jamais les sociétés privées quelles qu’elles soient (y compris Google) : Le temps, le financement et surtout le background. De plus, nous connaissons tous, nous français et ce, depuis l’école primaire, le savoir-faire indéniable et l’expérience centenaire de ce vénérable institut aujourd’hui parfaitement équipé et à la pointe de la technologie.

Nous attendions par conséquent d’un tel service qu’il nous permette d’accéder facilement, à toute heure et quelles que soient nos plateformes informatiques aux photos aériennes en haute définition du territoire national (Dom Tom compris). Nous attendions que toutes les données de l’IGN puissent se superposer (par un système de calques) à ces mêmes photos (routes, équipements, hydrographie etc.…) sous forme de fichiers vectoriels, car moins volumineux et surtout plus malléables. Ces services de base pouvant être évidemment complétés par des services plus spécialisés, plus précis et payants destinés à la fois aux communes, aux entreprises, à l’agriculture, aux différents services de l’Etat ou des Régions et même aux particuliers. Une segmentation adéquate de l’offre et une planification rigoureuse des lancements aurait à la fois permis au grand public et aux professionnels de trouver leur bonheur. L’IGN y aurait gagné sur tous les plans : Les services payants auraient participé au financement, elle aurait mis en avant son savoir-faire et accru sa notoriété. Le monde entier aurait acheté à prix d’or les technologies siglées « Géoportail » ainsi que leur mise en œuvre.

Pour le grand public, la définition des photos n’est qu’effet d’annonce. Voir sa maison, son jardin et éventuellement reconnaître sa voiture sur le parking est plus que satisfaisant en termes de définition à partir du moment où ces images sont de très bonne qualité et à partir du moment où d’autres données peuvent leur être superposées. Le tout épaulé par une interface claire, fonctionnelle et multi plateformes. Voilà la réelle valeur ajoutée.

Ce que le Géoportail nous offre aujourd’hui
Le résultat, nous l’avons tous constaté, est plutôt décevant. Un lancement officiel raté, une infrastructure insuffisante, des erreurs de scripts, des images bien pâles et d’une définition inférieure à celles de Google Earth, des cartes routières numérisées etc.… Quant aux offres complémentaires, elles restent plus ou moins fantômatiques. Seul point positif : des données d’une définition identique sur tout le territoire. Et dire « qu’on allait voir ce qu’on allait voir », que « Chez Google, ils n’avaient qu’à bien se tenir ! ».

Quel rapport avec le Design Global me direz-vous ?
Le design global consiste à proposer aux clients d’une entreprise, aux utilisateurs d’un produit ou d’un service la meilleure « expérience utilisateur » possible : Quelle est mon expérience globale de telle entreprise ? L’IGN a visiblement considéré qu’il suffisait de construire et de distribuer un dossier de presse pour garantir le succès de son nouveau service…

La stratégie qu’aurait dû suivre l’IGN
Certes, il est particulièrement facile de donner des conseils à posteriori. J’en suis parfaitement conscient. Mais je vais tout de même prendre le risque de lister ce que j’aurais préconisé à un client, d’autant plus qu’il s’agit dans bien des cas d’une simple question de bon sens :

- Ne jamais faire de lancement officiel si le produit/service n’est pas parfaitement opérationnel,
- Ne jamais promettre des fonctions sans qu’elles aient été testées et validées cent fois,
- Faire vivre le service en version Bêta pendant plusieurs mois en évitant de communiquer,
- Faire les corrections nécessaires aux différents retours d’expériences des Beta-Testeurs,
- Monter en charge petit à petit,
- Prévoir l’infrastructure nécessaire au déploiement du service,
- Ne jamais attaquer frontalement un concurrent par voie de presse,
- Ne jamais prendre sciemment le risque de dénigrer des services concurrents avant même d’avoir prouvé sa propre supériorité (ce sont vos utilisateurs qui vous la prouvent et non votre service de communication),
- Toujours prévoir en amont les effets annexes d’un possible « plantage »

Le Geoportail est un projet particulièrement ambitieux qui ne peut être mené à bien que sur le long terme. Personne ne s’attendait à un service parfait dès l’ouverture, mais les ambitions on ne peut plus claires affichées par l’IGN depuis des mois (le fameux « Google Earth killer »), associées au fantastique fond dont elle dispose, ont fait naître dans une opinion déjà habituée aux possibilités offertes par Google Earth (rappelons qu’il s’agit d’une réelle application), une incroyable attente : 6 millions de requêtes le premier jour. Les invraisemblables ratés du lancement ont déçu cette même opinion et ont fait des ravages sur la notoriété de l’IGN à l’étranger. Gageons que le prochain lancement à l’automne des fonctions 3D du service permettra à l’IGN et a ses partenaires de remettre un certain nombre de chose à plat afin de proposer une expérience utilisateur sans commune mesure avec son concurrent américain.

Le Géoportail : www.geoportail.fr
L’IGN : www.ign.fr
Google Earth : earth.google.com

juillet 8, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

23 juin 2006

Faut-il avoir peur du crowdsourcing ?

Raisons_1Le crowdsourcing est cette nouvelle tendance qui cherche à pousser l’outsourcing (l’externalisation des compétences) dans ses derniers retranchements.
Il consiste à utiliser la capacité de travail de tout un chacun à une seule et unique fin : Abaisser encore et toujours les coûts. Comment ? En utilisant le « temps libre », les savoir-faire et surtout le dévouement de chacun d’entre nous pour un prix négligeable voire nul. Un exemple ? Pourquoi acheter à prix fort les photos d’un photographe reconnu via une agence ou une banque d’image, alors que des dizaines de milliers d’amateurs de par le monde, équipés et connectés, sont prêts à me fournir des images d’une qualité à peine moindre pour seulement quelques dizaines d’euros et sans droits d’auteur ?...

On peut voir dans le crowdsourcig une "institutionnalisation" de la précarité au niveau planétaire. C'est vrai. Dans le contexte culturel et social qui est le nôtre, le crowdsourcing ne peut que nous donner la nausée !

Un exemple concret

Fotolia.fr permet à quiconque de présenter et de vendre ses propres photos « d’amateur » sur une place de marché aux dimensions planétaire (j’y propose moi-même un certain nombre de clichés pûrements « amateur »). En 18 mois d’existence, cette banque d’image a d’une part bénéficié d’un développement international incroyable. D’autre part et dans le même temps, la qualité des photos proposées a elle aussi fait un bon absolument spectaculaire. Jamais je ne vivrai même en partie de la vente des quelques photos que j’ai pu leur proposer en décembre 2004. Pour une raison simple : Je n’ai ni le savoir faire, ni l’expérience d’un photographe professionnel. Ceci dit, si j’étais un pro de la photo, j’y verrais peut-être une fantastique opportunité ! Après tout, nous avons tous appris « qu’il vaut mieux vendre un produit peu cher à un maximum de monde, plutôt qu’un produit cher à peu de monde ». Rappelez-vous, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Gageons qu’il vaut mieux qu’un photographe vende 10000 fois la même image à 20 ou même 100 euros la version HD libre de droits, que 100 fois cette image à 1000 euros, assortie de conditions d’utilisation qui feraient frémir de désespoir un moine bénédictin.

En fait, Fotolia.fr répond avec brio à un besoin inassouvi et de plus en plus important d’images. Les banques d’images sont trop chères pour beaucoup d’entreprises (en tout cas c’est comme cela qu’elles le perçoivent). Ce système permet à chacune d’entre elles d’accéder pour des frais modiques à une réelle valeur ajoutée, bien que souvent (mais pas toujours) de qualité imparfaite.

Un contre-exemple

Les entreprises ne se passeront jamais de l'expertise d'un professionnel aguerri uniquement pour des questions de coûts, en particulier pour leurs activités stratégiques. Qu’on se le dise, l'expertise est rare et ce qui est rare... fait monter les coûts et non l'inverse !

Alors faut-il avoir peur du crowdsourcing ?

La réponse est mitigée. Certaines activités vont immanquablement être malmenées par cette manière d’appréhender les ressources externes : le journalisme et la rédaction, la photo, la traduction, certains travaux d’exécution… Mais le crowdsourcing permettra peut-être à terme d’inventer un nouveau modèle économique qui sera bénéfique à tous.

La généralisation des équipements informatiques, les connexions haut-débit et les services associés bouleversent décidemment bien plus profondément et bien plus rapidement notre société que ce que l’on a jamais pu imaginer ! Nous serons rapidement obligés de remettre en question ce qui structure depuis des siècles notre réalité : Notre rapport au travail, à la connaissance, à la culture, à l’argent, à la consommation, à l’entreprise, à l’Etat et au temps. Des questions fondamentales se posent alors : Le salariat disparaîtra-t-il sur l’autel de la productivité, devant la monumentale statut dorée du dieu « Cost Killer » ? Comment gagnerons-nous notre vie dans 10 ou 15 ans ? À l’aide de toute une série de « micro missions » de quinze ou vingt minutes chacunes ? Les grandes entreprises auront-elles réussies à éliminer l’éternelle variable d’ajustement « Masse salariale » au profit du portefeuille des seuls actionnaires ? Ou deviendrons-nous tous les micros actionnaires de centaines voire de millier de sociétés ?

Au-delà de toutes les invraisemblables et stériles querelles idéologiques issues d’un autre temps, il est de notre responsabilité d’inventer les modèles qui structureront les réalités de demain. Soyons créatifs, inventons des scénarii, n’ayons pas peur de faire table rase, utilisons notre imagination, notre intelligence et les possibilités que nous offre la technologie et les réseaux pour inventer le monde de nos enfants.

Article sur InternetActu 

juin 23, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

14 juin 2006

Designer : Chômeur ou entrepreneur ?

AssedicsJe souhaite ici me faire l’écho d’un article paru dans Admirable Design fin mai 2006 et dont voici le lien. Olivier et Johanna, deux jeunes designers diplômés de l’Ecole Internationale de Design de Toulon racontent la course d’obstacles qui les a amené à créer leur propre agence : Créanove design.

Le marché du travail est pour le moins défavorable aux jeunes designers inexpérimentés. Remarquez, il l’était déjà en 1995 lorsque j’ai moi-même quitté l’école. Le contexte, comme dans bien d’autres secteurs d’activités, n’a malheureusement pas évolué bien que la demande ne peut qu’exploser.

Pour Olivier et Johanna, créer leur propre agence n’a pas été initialement leur choix. Même si on y a tous rêvé un jour ou l’autre, monter sa propre entreprise se révèle être une prise de risque énorme pour le commun des mortels : Comment la financer, comment la gérer, les clients seront-ils assez nombreux et fidèles… D’autant plus qu’un éventuel échec serait très mal vu.

Un designer novice (ou même expérimenté) n’a-t-il d’autres choix que de créer « sa boîte » ou de pointer aux ASSEDICS ? Vos commentaires et expériences sont les bienvenus…

L'article sur Admirable design

juin 14, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

17 mars 2006

Changer d’ère

CpemanifsL'ère industrielle est maintenant clairement derrière nous. Elle a permis aux européens que nous sommes d'accéder à un confort de vie jamais vu dans l'histoire. Des générations ont pu en profiter pleinement. Tant mieux. Mais nous ne vivrons plus jamais uniquement des produits qu’une large part de nos concitoyens ont contribué à façonner. Qu'on se le dise une fois pour toute ! L'ère dans laquelle nous sommes déjà entré est celle des services, de la créativité et de l'innovation. Elle sera, je crois, bien plus belle, bien plus fascinante et nous permettra rapidement de retrouver croissance et confiance en nous...

Encore faut-il que les différents mécanismes politiques, économiques et sociaux qui ont fait à merveille l'ère précédente s'adaptent aux réalités nouvelles. Nous obstiner à appliquer coûte que coûte des modèles devenus obsolètes nous enverra rapidement vers des difficultés graves et des tensions extrêmes au sein du corps social. Tensions qui inévitablement emporteront avec elles ce qui a fait le ciment de notre république. Pourtant le temps presse ! Le blocage est là. Nous avons une chance historique d'inventer cette nouvelle ère et d'en être les promoteurs zélés. Il ne s’agit pas de perdre ce qui nous a rendu fort ou solidaire ou encore ce qui nous a protégé des malheurs de la vie, mais bien au contraire de gagner beaucoup plus et mieux à tous les points de vue. Pour cela, encore faut-il avoir le courage de rebattre les cartes et par conséquent, avoir le courage de retrouver ce que notre quotidien a gommé depuis des décennies : le sens du risque. Les idéologies qui ont tant bien que mal structuré nos sociétés tout au long du XIXème et du XXème siècle sont aujourd’hui des tares et des boulets que nous-mêmes et les générations futures ne pourront plus traîner derrière elles sans risquer de mettre en péril la civilisation que nous avons construite au fil des siècles.

Les importantes turbulences de ces derniers jours autour du CPE / CNE ou encore du projet de loi DADVSI ne sont que le reflet de notre incompréhension de notre nouvel environnement, notre refus obstiné de nous approprier les temps nouveaux afin de les modeler à notre image, à nos ambitions collectives, à nos rêves. En tant que citoyen et père je suis las et de plus en plus inquiet.

En tant que designer cette fois, je passe mes journées à promouvoir créativité, innovation, curiosité, ouverture d’esprit, bonheur d’être et d'inventer. L’auditoire est toujours réceptif, parfois passionné. Les actes, quant à eux restent désespérément rares…

Les Carnets de Marc Raison
E-mergences
Futuribles
IRITSEN : innovation création
SICS
ITR Manager.com (DADVSI)
VNUNET (DADVSI)
Archives : Réinventer le travail

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07 mars 2006

Il y a des jours sans…

Design_blueLe contexte dans lequel agit quotidiennement tout créatif (designer, graphiste, illustrateur, rédacteur…) a passablement changé ces dernières années. Tout a commencé par la révolution qui a touché au tournant des années quatre-vingt-dix nos outils de production. La table à dessin et les perroquets, le « Rotring », le papier Layout, les feutres Pantones et les pastels secs, la carte à gratter et la lame de rasoir ont été purement et simplement bannis de nos bureaux pour laisser la place à de beaux et (très chers) Macs affublés d’énormes écrans vingt pouces noir et blanc, des premières imprimantes laser monochrome Postcript et de disques dur aux capacités hallucinantes de 40 Mo...

Les anciens quant à eux (ceux qui savent) les photograveurs, les pros de l’éxé, les typographes, ceux qui maniaient la Linotype comme un pianiste manipule son Steinway de concert ont été purement et simplement éjectés du milieu sans autre forme de procès. Ils avaient un tort inexcusable, ils regardaient l’avènement de l’informatique avec crainte et dédain. Les petits jeunes qui les ont remplacés avaient tous les atouts de leur côté : Ils croyaient savoir utiliser Illustrator 88, Photoshop 1.0 ou Xpress 3 et cerise sur le gâteau, ils étaient très peu regardant côté salaire puisqu’ils n’étaient pas expérimentés. Ils représentaient de ce fait l’avenir. Les boîtes à colle, les x-actos, les odeurs de fixatifs et les « fers à repasser » avaient enfin et définitivement disparu des agences. Place aux bugs inexplicables (et à jamais inexpliqués) aux polices de caractères bâclées et aux Syquest 40 Mo. Le pire est qu’il n’y a pas eu dans ce contexte de passage de flambeau entre les anciens (vous savez, ceux qui savent) et les jeunes loups qui eux ont dû apprendre leur métier en prise directe avec le réel, armés de matériels et de logiciels qui ne pouvaient pas proposer plus que ce pour quoi ils avaient été programmés.

La révolution de l’informatique a simultanément touché tous les acteurs économiques. Il a été facile pour certains de croire qu’il suffisait d’un ordinateur et du logiciel adéquat pour transformer un stagiaire ou une assistante en créatif aguerri et en exécutant minutieux. Le métier, les savoir-faire se sont virtualisés au mieux, ont disparu au pire, au profit des seuls outils. J’ai quant à moi la faiblesse de penser que je sais cuisiner. Pour autant je n’aurais jamais la prétention de me croire cuisinier…

Dans ce contexte, certains discours simplistes font mal et nous laissent un goût amer. Sommes-nous condamnés à passer notre existence à justifier nos connaissances et nos savoir-faire, nos quatre ou cinq années d’études supérieures et nos tarifs ? Le créatif est-il condamné à « la fermer » et à exécuter ? Paradoxalement, on nous demande de plus en plus une activité de conseil, activité que nous savons parfaitement proposer, mais encore faut-il faire l’effort de nous écouter ! Notre rôle n’est pas de proposer des solutions clés-en-mains et encore moins de garantir des résultats spectaculaires, notre rôle est de sensibiliser nos interlocuteurs, de leur apprendre à croire en eux. Nous ne caressons pas les gens dans le sens du poil, cela aurait certes de multiples avantages pour nous, mais nous ne leur serions objectivement d’aucun secours. Nous sommes des épines dans les pieds, des électrons libres. En ce sens notre existence se révèle parfois salutaire.

L’Empereur Marketing…
Les problèmes de marketing regardent les spécialistes du marketing ! Les problèmes de création regardent les créatifs ! Le marketing considère qu’aucune activité économique n’est viable sans lui. C’est vrai, mais les marketeurs oublient simplement qu’au-delà des cibles et des statistiques il y a des cultures, des individus et toujours un projet d’entreprise…

…et l’Impératrice Finances
Le contexte économique n’est certes pas favorable aux idées nouvelles ou aux remises en questions. Pourtant, je suis intimement persuadé que nous n’avons pas le choix. Une certaine prise de risque ne peut être que salutaire, mais évidemment faites passer cela dans le marasme ambiant…

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire et j’ai comme un léger coup de blues… Sûrement passager, je me connais. J’ai lu ce matin cette interview de Gérard Caron sur Admirable Design, interview qui m’a permis de relire (une fois de plus) celle que Jean Perret leur avait accordée en septembre 2004 et que je vous invite à lire ou à relire. Criant de vérité… Je ne suis pas seul, donc tout va bien dirait le docteur Coué...

mars 7, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

10 décembre 2005

Vive les produits... design !

CadeauxLa période de fêtes qui s’annonce est propice à la remise en question d’un certain nombre d’idées reçues. Il y a fort à parier que lorsque vous ferez vos cadeaux de fin d’année, un certain nombre de commerçants vous feront miroiter les avantages de tel ou tel produit « design ». Je ne citerai pas ici ceux qui sont à l’origine d’une telle confusion, d’abord parce qu’ils sont trop nombreux, ensuite parce qu’ils ne font pas mon métier. Les arguments marketing ont parfois une fâcheuse tendance à se retourner contre ceux qu’ils sont sensé promouvoir, si toutefois tel était bien le cas...

Ainsi nous sommes tous littéralement recouvert d’annonces en tout genre nous vantant les méritent de produits estampillés « design ». Puis-je m’exercer à dresser une liste qui par la force des choses ne peut être que non-exhaustive ?

Les luminaires design, le mobilier design, le « blanc » design (frigos, lave-linges, sèche-linges…), le « brun » (TV, Hifi, vidéo…), le tire-bouchon design, le presse-agrumes design, le grille-pain design, la souris design, la lampe-torche design, le cintre design, la cave à vins design, la tente design, le fer à repasser design, le restaurant, la boutique ou le show-room design, le bureau design, le téléphone design, les cartes commerciales et la plaquette design, les vêtements design, les skis, le tramway ou le bus. Le jardin, le parc, le restau, la déco ou le bateau design. Sans même parler de la soirée, l’expo et de la fameuse maison design (au toit terrasse ou aux fenêtres triangulaires pour faire « contemporain ») et ainsi de suite…

Ces produits se doivent de refléter à la fois la modernité, la technologie, le savoir-faire et surtout l’anticonformisme. Aimer et acheter ces produits est une marque du « bon goût », le gage d’une certaine connaissance, d’une certaine culture mais aussi d’une certaine réussite sociale.

Or, il s’avère qu’un bon nombre de ces produits ont une valeur signe ou culturelle bien supérieure à leur valeur d’usage. Sous prétexte de se démarquer, certains d’entre eux ont été surchargés de codes ou de messages en tout genres en oubliant leur cohérence, leur impact global et surtout leur sens.

Remarquez, je n’ai rien contre ce genre de produits, mais les qualifier de produit design est tout simplement une erreur fondamentale.

Pour le designer, le beau (notion somme toute très subjective, vous en conviendrez) n’est pas une fin en soi. Il est également dissocié de la notion de « décoration ». Pour le designer, le beau n’est que la conséquence d’un produit bien conçu, un produit dépourvu de tout artifice, un produit dont l’aspect se suffit à lui-même, un produit qui se contente de montrer « ce qu’il est ». Un objet « beau », pour le designer, est un objet dont l’identité même est le fruit d’un travail de fond qui rassemble en une unique substance les connaissances et les savoir-faire des uns et des autres. Un objet « beau » est enfin un objet muni de certaines fonctions répondant à des usages précis dans un environnement humain fait de comportements et de signes, de culture et d’inconscient collectif.

Un objet réussi est un objet dont la valeur d’usage et la valeur signe s’équilibrent harmonieusement. Trouver le bon dosage, voilà l’essence du métier de designer.

Au-delà du marketing qui se propose d’identifier des marchés et d’y répondre le plus précisément possible, le design se propose d’abord d’aider l’entreprise à s’identifier, puis à mettre en avant son histoire, ses savoir-faire, ses objectifs, avant d’en déduire un portefeuille de produits ou de services qui fera d’elle un acteur fort, une entreprise parfaitement identifiée et incontournable sur son marché. Dans l’absolu, l’objectif n’est pas seulement de répondre aux besoins identifiés d’un marché et de les développer, mais aussi de modeler le marché autour de sa propre vision. Pour se faire, l’entreprise doit savoir prendre position en misant avant tout sur l’innovation et la créativité.

L’entreprise doit apprendre à identifier et à faire fructifier la part de rêve et d’envie blottie au fond d’elle-même avant même de chercher à en faire profiter son marché.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le design est tout sauf un artifice marketing, un argument commercial et encore moins un « mouvement artistique ou esthétique représentatif d’une certaine « modernité ». Il s’agit d’une vraie démarche à long terme, une démarche créatrice, intégratrice et  transversale dont l’objectif est de créer de la valeur et de démontrer que l’entreprise n’est pas captive de son marché mais qu’elle le précède largement.

décembre 10, 2005 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

01 septembre 2005

Les médias traditionnels n’aiment pas l’Internet

MediasLes médias traditionnels ont toujours vu (pour la plupart d’entre eux) l’Internet d’un mauvais œil. Depuis l’avènement du réseau (dont on fête le dixième anniversaire cette année), les médias traditionnels : TV, journaux, magazines ou radios, ont toujours considéré l’Internet avec dédain et mépris au mieux, comme un concurrent déloyal au pire. Un ersatz de média composé d’auteurs anonymes (en tout cas non reconnus comme tels), sans la moindre déontologie et dépourvus de la moindre capacité d’analyse et de synthèse, cela va de soit.

Les médias traditionnels ont (rappelez-vous) toujours parlé des antiques « pages persos » comme du lieu de rencontre privilégié des pêcheurs à la mouche et du phénomène plus récent des blogs, comme d’un espace réservé aux adolescents en mal de reconnaissance et aux tendances suicidaires. De manière générale lorsqu’on parle de l’Internet, c’est pour en stigmatiser ses perversités : les virus, le spam, le phishing, les téléchargements illégaux, les fausses informations et les déviances de tous poils de certains de ses utilisateurs qui font, en fin de compte, le bonheur des pages « faits-divers » et « justice » de la presse quotidienne et des journaux TV.

Le fait est que de plus de plus de nos concitoyens délaissent les sacro-saints journaux télé (tous quasi identiques) et la presse quotidienne régionale ou nationale pour s’informer par eux-mêmes, à leur rythme en complétant leur réflexion de données glanées ici ou là sur le réseau. Un jour ou l’autre notre « classe médiatique et politique » aura à faire face à un véritable retour de bâton qu’ils n’auront, de fait, pas su anticiper. Le fossé, pour le moment, ne faisant que croître…

Cyril Fiévet, (Pointblog entre autres) et par l’intermédiaire d’Internet-actu.net nous livre ici une analyse pertinente et sans concessions des surprenantes relations qui lient depuis dix ans les médias « établis » au réseau des réseaux.

septembre 1, 2005 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

18 août 2005

Lectures

Gene69Quelques jours de vacances ont été propices à mon bronzage (même à Concarneau, que c’est beau !) et à quelques bonnes lectures ou relectures. « Génération 69 » de Laurent Guimier et Nicolas Charbonneau chez Michalon a été une belle découverte. Vous rappelez-vous de la « Bof Generation » ? non ? Alors peut-être de la « Look Generation » ? C’était le temps des premiers synthétiseurs et séquenceurs analogiques. L’époque des gamins élevés nus et aux grains dans les grands espaces du Larzac. C’étaient l’époque des derniers tours de scène d’Elvis, l’époque de « Roxane » et de l’étoile Filante « Sex Pistols ». De Madness et du Ska, des magnifiques premiers albums de U2 « October » et du célèbre « New Year’s Day ». De la « Chasse au Gaspi » et de la « Peugeot 504 ». Un petit nouveau s’était affranchi de ses frères : un certain Michael Jackson. Une sex-bomb faisait son apparition, elle s’appelait « Virgin-Madonna »...

C’était l’époque « d’Apocalypse Now », de « Birdy » et de « Midnight Express ». De « Star Wars », « Rocky Balboa » et de « Rambo ». Nous avons grandi (puisqu’il s’agit de ma propre génération, vous l’aurez compris) sur les cendres du Flower Power, des pavés du Quartier Latin, de Sartre, du Maoïsme et du Trotskisme. « Dany le Rouge » n’est pour nous qu’un simple député vert européen élu en Allemagne. Pompidou et Giscard des épiphénomènes… Mitterrand c'est le « Programme Commun » et Chirac « Maire de Paris », un ancien Ministre de l’Agriculture. Georges Marchais est un comique et Alain Duhamel un jeune débutant plein d’avenir…

Pour la santé de mes lecteurs, je m’arrêterais là et je ne vous parlerais donc pas des modifications génétiques qu’ont généré en moi des Deep Purple (merci Robert Plant), des Pink Floyd (Merci David Gilmor), des Bruce Springsteen, Dylan ou Neil Young. D’autant plus je passerais vraiment pour un « has been » auprès des ados d’aujourd’hui.

Figurez-vous que notre génération a depuis lors prit un peu de bouteille (le temps fait donc bien les choses). Nous sommes par conséquent devenus parents, cadres, responsables de tout poil, chefs d’entreprises ou simples employés… Et accessoirement comme tout le monde nous sommes bourrés de rêves, d’ambitions et de… dettes (merci l’immobilier). D’autant qu’on nous promet, mais cela on en a grandement l’habitude, un avenir toujours plus sombre : Retraites de nos parents, déficit de la Sécu, mondialisation, délocalisation, flambée du pétrole…

Certains ont encore un peu de mal à comprendre que leurs enfants sont désormais (et depuis un certain temps déjà) maîtres de leur destin. La politique, les médias (sauf mention spéciale à iTélé), les grandes entreprises leur sont fermés au plus haut niveau. Nos aînés ne confient des responsabilités majeures et stratégiques qu’à ceux qui participèrent au moins à Woodstock ou au pire au rassemblement de L’ile de Wight. (Rappelez-vous « Wight is Wight »). Un peu comme si notre propre vision du monde, de la géopolitique, de l’avenir de nos économies, de la politique et in fine de notre destin collectif se réduisait à Scoobi-Doo et Goldorak…

Laurent Guimier et Nicolas Charbonneau passent en revue notre histoire, nos difficultés, nos aspirations et nos rêves dans un ouvrage politiquement incorrect, grinçant et bourré d’humour.

Sous les pavés la plage ? Résolument non ! Par la force des choses, nous sommes une génération de pragmatiques, dénuée de la moindre idéologie, mais sûrement pas de convictions. Quoi qu’il en coûte à certains tout là-bas sur ma gauche, la révolution n’est sûrement pas pour demain !

août 18, 2005 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

07 juillet 2005

Paris... Perdu !

Paris2012Paris 2012. Aucun doute n’était possible. Les photographes et les caméras s’étaient regroupés autour du camp français qui comme pour savourer un peu plus intensément la victoire s’était levé pour s’enlasser. Les yeux étaient fermés et ceux qui ne l’étaient pas pétillaient d’un immense espoir. Les cœurs battaient à tout rompre et tous, nous retenions notre souffle. Partout, le champagne était depuis longtemps déjà bien frais, les fanfares donnaient le La, des doigts fébriles étaient posés sur les boutons du « top départ » des feux d’artifices, le Premier Ministre avait convoqué la presse internationale. Puis vint la phrase tant attendue, « …at the city of… »...

Les premiers commentaires ont fait état du manque de fair-play des anglais, de leur insolence, de leur agressivité et surtout de leur activisme nauséabond. Pourtant, notre dossier était le meilleur, on nous l’avait suffisamment dit, répété et ressassé ! Réglé comme du papier à musique. De plus, de précédentes déconvenues nous avaient également appris l’humilité.

Le dossier
Il était probablement, techniquement très bon. Je veux bien le croire. L’enthousiasme qui fédérait cette candidature était également un facteur plus que positif voir primordial.
L’erreur fatale et je m’en suis aperçu en regardant le film de Luc Besson, était d’ancrer la candidature de Paris dans le passé ! Tous les clichés étaient présents. La tour Eiffel, les Champs Elysées, Montmartre, Pierre de Coubertin, la France berceau de l’Olympisme moderne, les jeux de 1924, etc… La stratégie a été de dépeindre la France en « pays musée » (ce que nous sommes à tous les niveaux, j’en ai bien peur…).

Le fond
Nous avons fait preuve d’une naïveté incroyable en considérant que l’aspect sportif et humaniste étaient les seuls et uniques critères de sélection. Si cela avait été le cas, Pékin n’aurait jamais été ville Olympique ! Les Jeux de 2008 auraient dus nous apprendre que les facteurs géopolitiques, économiques et financiers sont tout aussi primordiaux que les seuls dossier technique et la stratégie de communication. Tous les facteurs clés sont réunis pour que le centre de gravité de l’Europe se déplace vers « Trafalgar Square » (ironie de l’histoire). Le Royaume-Uni a le vent en poupe et qu’on le veuille ou non, Londres est devenu le cœur de l’Europe, celle qui réussi malgré des difficultés sociales évidentes et des point d’interrogations majeurs (guerre en Irak, terrorisme). Tony Blair a tous les atouts en main (politiques, économiques et psychologiques) pour faire de sa présidence de l’Union une présidence forte, un tremplin résolument tourné vers l’avenir dont le pragmatisme est la pierre angulaire.

Quant à notre vieux pays, il est aujourd’hui écrasé par son histoire, ses paradoxes et ses chimères. L’élan économique, c’est la Grande-Bretagne (et l’Espagne) ; l’intégration des communautés, c’est la Grande-Bretagne. Le paradoxe, voyez-vous, c’est que nous avons en nous toutes les ressources nécessaires pour faire de notre pays un phare, un pays inventif, créatif et sûr de son avenir… Mais nous sommes paralysé par l’idée même de nous remettre en cause, d’inventer l’avenir. Nous sommes cramponné jusqu’au sang à notre « modèle français » (qui n’est pas un modèle) et à notre « exception culturelle » (que plus personne ne nous envie).

L’histoire récente nous a appris que nous n’avons (à titre individuel) que peu de prise sur notre vie politique. Alors tournons-nous résolument vers nos entreprises, réinventons l’entreprise. Faisons en sorte qu’elle soit le moteur de tous les changements, économiques et sociaux. Les entrepreneurs sont par essence plus à même de piloter le changement que n’importe quel gouvernement.

Croquons dans l’avenir avec passion et envie…

juillet 7, 2005 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

30 mai 2005

Gueule de bois...

EuropeMon pays se réveille avec cet impalpable sentiment de ne plus être tout à fait le même. Je suis un fervant partisan de l'Europe. Par idéalisme certes, mais aussi par pur pragmatisme. A condition toute fois que celle-ci ne se limite pas à une vaste (de plus en plus vaste) zone d'échange économique. Nous avons eu hier la possibilité de faire un pas énorme (bien qu'imparfait) en avant, vers cette fameuse Europe politique qui nous manque tant. Essai non transformé. Nous passons le relais à nos enfants. Je pense avant tout que sommes devenu au fil du temps de véritables enfants gâtés. Nous pensons que tout nous est acquis ; la paix, la démocratie, nos conditions de vie. Nous avons oublié d'une part que les générations précédentes ont payé de leur sang notre bien-être actuel et que d'autre part le monde change, évolue, se transforme de manière constante et qu'il ne nous attendra pas. Nous devons coûte que coûte apprendre à vivre ensemble, à nous entendre et surtout à faire des concessions, à remettre un certain nombre de nos certitudes en question sous peine de voir rejaillir avec horreur les démons du passé...

mai 30, 2005 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack