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06 janvier 2009

Bonne année ! (quand même)

Voeux09


Revoilà le mois de janvier, le temps des calendriers qui sentent encore bon l’encre d’imprimerie, du sac à sapin, de la galette des rois et en prime cette année neige et verglas.

2008 restera dans les manuels d’histoire et d’économie comme l’année du grand Krach financier. L’année où les ingénieurs de la finance et leurs courtisans sont redescendus brutalement sur terre en tombant sur leur cockcis. L’année où l’on a tous pris conscience que l’économie virtuelle tant vantée depuis des lustres par quelques-uns n’était rien de plus qu’un énorme casino où l’on jouait des centaines de milliards aux bénéfices vertigineux d’une poignée et au détriment de la plus grande part de l’humanité. Quant à l’élection historique de Barak Obama, futur Président du Monde et vénéré tel le Messie, attendons qu’il soit aux manettes pour porter un jugement rationnel sur ces capacités politiques.

La logique impliquerait, suite à la crise financière, une crise de l’économie réelle, celle dans laquelle nous évoluons tous sans même nous en rendre compte. Ce sont les investissements et la consommation qui régissent notre vie quotidienne. Sans eux, point de salut…

La logique (encore elle) voudrait qu’il s’en suive une crise sociale, puis in fine, une crise politique majeure. Nos dirigeants en sont parfaitement conscients. Reste à savoir si l’on a à faire à des hommes/femmes d’Etat ou à de simples politicards… L’avenir seul nous le dira.

Bonne année quand même !

janvier 6, 2009 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

07 octobre 2008

Que fait la police ?

Lagerfeld Oups ! Près de 4 mois sans poster le moindre petit billet sur design-global.net… Ne pensez pas que je les ai passé les doigts de pieds en éventail, mais au travail, le nez dans le guidon !

Commençons donc cette tardive rentrée par un billet d’humeur.

Je ne supporte plus de voir depuis le début de l’été ces « gens » arborant leur fameux gilet fluo au volant. Certains le jettent nonchalamment sur la plage arrière de leur Logan, entre le chapeau crocheté et le chien béni-oui-oui, d’autres en habillent élégamment le siège conducteur, certains même l’enfilent en prenant le volant ! Mais qui sont ces « gens » ? Seraient-ils déjà parmi nous (dirait David Vincent) ?

Mais Karl Lagerfeld l’a mis !
La campagne initiée par la sécurité routière et mettant en scène le mince dandy ganté de chez Chanel a eu des effets pervers !  Explications : Il s’agissait de deuxième degré, de décalage, de faire rire, humour… Tout en vantant les méritent sécuritaires, en cas de panne uniquement, d’un tel équipement désormais obligatoire (chasuble-triangle).

Ce billet changera-t-il quelque chose à cette dénégation absolue du bon sens et du bon goût ?
Bah… Non ! Mais au moins j’aurais déversé mon fiel (c’est relatif…) sur quelques lignes et depuis, je me sens ben mieux…

octobre 7, 2008 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

24 janvier 2008

En 2008, innovons !

Voeux08_4

Je ne le répèterai jamais assez, le design ne se résume pas en une activité qui consiste à produire de beaux objets, de beaux graphismes ou de beaux environnements ! C’est avant tout un état d’esprit qui doit s’infiltrer au sein de toute l’entreprise et à tous les niveaux. Un état d’esprit fait d’ouverture, de créativité, de sens, de sensibilité et de sincérité.

Pour être efficace, le design doit également être « global », c’est-à-dire qu’il doit s’insérer harmonieusement et efficacement dans une stratégie et au sein de chaque « facteur design » de l’entreprise : les gammes de produits, leurs packagings, l’identité de l’entreprise et de ses produits/services et enfin de son environnement.

Cette « stratégie design globale » ne doit pas être un artifice, un vernis qui tromperait le consommateur/utilisateur. Celui-ci n’est plus dupe. Éduqué, réfléchi, informé, citoyen et même éco-citoyen, il prendra de plus en plus part à la manifestation du progrès, qu’il soit technologique ou social. Il redéfinira petit à petit les liens qui l’unissent aux entreprises. Il les jugera en fonction de leurs politiques, de leurs stratégies, de leurs méthodes, de leur sincérité, bref de leur éthique…

Mes propos sont sûrement teintés d’idéalisme. Mais je les assume pleinement. Les designers tout comme les architectes sont d’indécrottables idéalistes ! Cet idéalisme n’est pourtant pas vain car nous vivons une époque charnière dans l’histoire de la civilisation occidentale. Nos modèles économiques et sociaux, issus de l’après-guerre, vacillent sur leur piédestal. Au-delà même de ces modèles, c’est tout le processus initié au début du XIXe siècle et fondé sur l’accroissement des richesses par la production industrielle qui est remis en question.

Les « coupables » ? La globalisation d’abord : de d’industrie, de la finance, des médias, de la communication et des échanges en tout genre. Ensuite l’entrée récente dans le jeu de près d’un tiers du « reste » de l’humanité (Chine et Inde en particulier). Autre facteur, la prise de conscience de l’aspect « fini » de notre planète. Celle-ci ne peut nous offrir que ce dont elle dispose. De plus, nous savons aujourd’hui que chaque action individuelle multipliée par des centaines de millions (et bientôt par des milliards) produit fatalement une forte réaction de notre écosystème dont l’amplitude bien qu’indéterminée peu nous ramener à l‘age de pierre ou pour les plus pessimistes à notre extinction pure et simple. Enfin les mutations de nos comportements collectifs : Eclatement de la cellule familiale, désertion des centres ville, personnalisation de nos philosophies de vies ou de nos religions.

Toutes ces évolutions représentent un formidable relais de croissance pour nos économies. Les designers que nous sommes y voient un incroyable potentiel et une formidable chance de refonder nos façons de vivre le quotidien. Soyons convaincu que tout ne fait que commencer…

Pour cela innovons ! Innovons dans tous les domaines ! Jamais l’histoire n’a mis à notre disposition autant d’outils, de technologies, de méthodes ou de savoir-faire. Trouvons des solutions, de nouveaux usages, de nouveaux scénarii. Fondons ensemble un nouvel environnement basé sur cette nouvelle donne. Entraînons avec nous entreprises et citoyens puis laissons libre cours à notre imagination. Tout est possible à condition d’en être viscéralement convaincu.

À toutes et à tous, bonne année 2008 !

janvier 24, 2008 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

20 septembre 2007

Une rentrée bien ordonnée

Automne Depuis quelques jours, les enfants ont repris le chemin de l’école, le planning est de nouveau bien chargé et les vacances semblent loin déjà, quasiment oubliées. À un été pourri sur le plan de la météo suit une rentrée pour le moins classique, active, voir déjà surchargée. Temps mieux ! Les habitudes ont très vite repris le dessus et les quelques jours de beau temps en septembre ne me font pas oublier que les feuilles roussissent déjà et que la durée des jours diminue rapidement. Les beaux jours sont dorénavant derrière nous, une nouvelle année de travail et de projets se profile à l’horizon.
Après de longues semaines d’absence, me voilà de retour sur Design-global.net pour une nouvelle saison d’actus, d'humeurs, d'analyses, de réflexions et j’espère de partage.

Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente rentrée ! À très bientôt sur design-global.net.

septembre 20, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

21 mai 2007

Un nouveau Président

Drapeau Je ne vous apprends rien, depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy est notre nouveau Président. Au-delà des considérations partisanes, après tout, nous sommes (presque) tous démocrates et républicains, que doit-on attendre de celui qui pour cinq ans s’est engagé avec force et conviction à réformer en profondeur notre pays et à le promouvoir par-delà nos frontières ?

À titre personnel, j’attends avant tout de lui qu’il permette aux entreprises, quelque que soient leurs tailles et aux indépendants, de créer plus de richesses. Car créer de la richesse, c’est créer des emplois, permettre l’investissement, l’innovation et inciter à la prise de risque. Créer de la richesse, c’est aussi doper la consommation et indirectement remplir les caisses de l’Etat afin que nous puissions continuer à bénéficier du système social qui est le nôtre et qu’apparemment nous chérissons tant ! En paraphrasant M. de la Palisse je dirais que pour distribuer de l’argent, commençons d’abord par en gagner ! Il est grand temps que nos politiques s’occupent enfin de politique ! Qu’ils aient tels des chefs d’entreprises une véritable stratégie à moyen et à long terme pour sortir la France du marasme ambiant, de la politique du « nini » qui prévaut depuis une trentaine d’années et qui nous a fait tant souffrir à la fois sur la scène hexagonale et dans les statistiques internationales. Sur l‘échiquier mondial, malgré quelques soubresauts Gaulliens, la France est le pays qui systématiquement s’endors sur ses désormais moribonds lauriers. Rappelez-vous ces fameux singes : l’un se cache les yeux, l’autre se bouche les oreilles et le dernier se masque la bouche. Voilà la France d’aujourd’hui. Nous demandons au monde de nous laisser nous gargariser de notre ridicule en crevant lentement, l’esprit débordant de notre soi-disant « illustre » histoire et de notre fameux « modèle social » dont personne n’a jamais voulu puisque totalement inefficace.

Bref, ce que j’attends du nouveau président élu par 53% des voix, 85% de participation et de son nouveau gouvernement, c’est un véritable électrochoc, une révolution dans les esprits mais aussi et surtout dans les actes.

Puissent mes vœux s’accomplir… Bonne chance M. le Président.

mai 21, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

14 mars 2007

Burt Rutan, le designer du ciel

Rutan Burt Rutan fait partie de ces personnages qui me fascinent. Tels James Dyson, Luigi Colani, Dean Kamen ou encore Steve Jobs, Rutan est un véritable visionnaire, un créateur, un défricheur pour lequel rien n’est impossible, un éternel insatisfait tant que « ses visions » ne se sont pas solidement concrétisées dans le réel. Malheureusement rares sont ceux qui le connaissent en dehors du milieu de l’aviation...

Burt Rutan a démarré sa carrière à la fin des années soixantes. Après un diplôme d’ingénieur en aéronautique au « California Polytechnic University » en 1965, Burt rejoint l’US Air Force en temps qu’ingénieur d’essais sur la mythique base d’Edwards dans le désert de Californie. Après avoir cumulé les responsabilités tout au long des années soixantes-dix, il quitte l’Air Force pour créer sa propre société « Scaled Composites, Inc. » en 1982. Depuis lors il n’a de cesse de redéfinir de fond en comble les principes même de « l’avion ». L’avènement des matériaux composites lui permet de définir à moindre coût des formes nouvelles, de répondre aux contraintes d’ordre aérodynamiques et économiques de l’aviation « générale » et de l’aviation d’affaire. Cela fait  vingt ans que je suis avec passion son parcours. Petit à petit ses créations sont devenues de véritables chefs-d’œuvres d’ingénierie et de design.

Burt Rutan a enfin fait la une de l’actualité mondiale le 4 octobre 2004 alors qu’il décrochait avec SpaceShipOne le fameux Ansari X-Prize. Une cagnote de dix millions de dollars qui récompense la première société privée capable de lancer dans l’espace un véhicule habité. Certains ne s’y sont pas trompés. Paul Allen, cofondateur de Microsoft a été le premier à croire en ses capacités d’innovateur en injectant vingt millions de dollars dans la petite société de douze salariés basée au milieu du désert de Mojave. Les fabuleux résultats aidant, Richard Branson, aventurier et demi-dieu de l’empire Virgin injecte à son tour des dizaines de millions de dollars afin de créer à terme un véritable marché de « l’accès à l’espace ». Philippe Starck est choisi pour dessiner le cocon qui englobera l’expérience des premiers « touristes » (fortunés) de l’espace.

Rutan est pour moi un ingénieur de génie, mais aussi et surtout un véritable designer. Il démontre depuis trente ans, projet après projet et malgré le status quo ambiant imposé par les géants du secteur qu’il est toujours possible d’innover, même radicalement, alors même que les lois de l’aérodynamique ou plus largement les lois de la mécanique des fluides s’imposent à tous que l’on s’appelle Boeing, Airbus, Bombardier ou encore Ambraer. Il démontre avec brio qu’il suffit d’oser de nouvelles formes, de nouveaux profils d’ailes, de nouvelles surfaces alaires, de nouveaux matériaux, de nouvelles compositions formelles, de nouvelles structures ou de nouveaux procédés de fabrication pour créer des machines volantes qui répondent parfaitement aux contraintes auxquelles font face, par nécessités économiques et financières toutes les compagnies aériennes du monde : Le prix de revient par passager au kilomètre parcouru.

Quelles conclusions peut-on tirer de l’aventure de Burt Rutan ?
D’abord que les grandes entreprises sont par définition toujours les plus mal placées pour innover et surtout pour innover rapidement. Elles sont encore plus mal placées s’il s’agit d’entreprises gérées d’une manière ou d’une autre, de près ou de loin par des Etats ou des collectivités locales (voir les difficultés d’EADS - Airbus).
Ensuite, l’innovation, la « vision » a toujours pour origine une ou deux personnes au maximum. Ces personnes ne pèsent littéralement « rien » face à des banques, des investisseurs de toutes sortes, l’administration d’une entreprise, un service marketing tout puissant ou l’administration d’une Région ou d’un Etat. De ce fait des milliers d’idées peut-être révolutionnaires sont tout bonnement jetées aux ordures tous les mois simplement par manque d’écoute, de compréhension, de vocabulaire commun. Pire encore, par le simple fait qu’un cadre quelconque vous dira que « ton truc, ça ne marchera jamais ! Je ne vais tout de même pas emmerder ma hiérarchie avec tes trucs à la noix» étant donné que pour lui, il suffit d’être en dehors des clous, de la norme, des habitudes, des standards, des procédures ou encore il suffit qu’il passe une mauvaise journée pour qu’il vous prenne pour un « dingue ». Bon sang quel abominable gâchis !!! Révoltons-nous enfin !!! Je persiste à croire qu’il est possible de mettre en place des procédures qui permettent à tous au sein d’une entreprise de s’exprimer librement en évitant les perpétuels goulets d’étranglement.

Depuis des décennies des personnalités au profil bien trempé nous montrent la voie que nous devrions tous suivre, quelles que soient nos responsabilités. Qu’attendons-nous pour suivre leur exemple ? L’élection d’un nouveau Président de la République au mois de Mai ? Laissez-moi doucement rigoler…

XPrize
Scaled Composites
Burt Rutan
SpaceShipOne
Scaled Composites sur Wikipedia
Philippe Starck

mars 14, 2007 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

14 juillet 2006

Design-Global.net : Première bougie

AnniversaireDesign-global.net n’a pas vocation à parler de l’actualité « chaude » des produits, des services ou des marques (sauf exceptions). La raison pour laquelle j’édite ce blog depuis maintenant plus d’un an est la suivante :  Ce blog est mon espace de liberté. Je m’y exprime lorsque mon planning me le permet. Je souhaite y parler de mon métier au quotidien, de ses tenants et aboutissants, de ses fondamentaux, des raisons pour lesquelles je le pratique et des raisons qui me font l’aimer.

Je souhaite également faire de cet espace un lieu de rencontre et d’échange. Un lieu au sein duquel nous pourrions tous, designers, étudiants, consultants ou chefs d’entreprises apprendre les uns des autres dans un seul et unique but : Aller de l’avant, inventer, nous remettre en question et nous donner envie de remodeler l’avenir au sens large. Certains articles me permettent de répondre de manière indirecte aux questions que me posent mes clients. Certains articles son plus personnels, d’autres encore tentent de répondre à des questions dont le champ de réflexion est bien plus large…

Vous êtes plusieurs centaines à lire ses pages quotidiennement. Je vous en remercie.
Pas une seule seconde, je n’aurais pensé fédérer tous les jours autant de lecteurs de par le monde. Une déception toute fois. Vos commentaires sont rares. Cet espace n’est pas seulement le mien. Il est également le vôtre ! Vos commentaires sont précieux. Quelles que soient vos fonctions, faites-nous partager votre quotidien, votre vision du design, vos envies et vos rêves…

Au plaisir de vous lire ! Design-global.net rempile pour une année de plus…
Son avenir vous appartient !

juillet 14, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

08 juillet 2006

Le « Geoportail » de l’IGN prend l’eau

GeoportailIl a été sage d’attendre quelques semaines avant de m’exprimer sur ce fameux service que nous offre l’IGN, www.geoportail.fr. L’ambition de l’Institut Géographique National est de nous proposer un accès interactif aux photos aériennes de la totalité du territoire métropolitain et des Dom Tom, avec une définition sol de 50 cm. Vous en avez tous entendu parler, nombre d’entre vous l’avez testé…

Ce que nous attendions de l’IGN
L’IGN bénéficie, de par son statut, d’avantages que n’auront jamais les sociétés privées quelles qu’elles soient (y compris Google) : Le temps, le financement et surtout le background. De plus, nous connaissons tous, nous français et ce, depuis l’école primaire, le savoir-faire indéniable et l’expérience centenaire de ce vénérable institut aujourd’hui parfaitement équipé et à la pointe de la technologie.

Nous attendions par conséquent d’un tel service qu’il nous permette d’accéder facilement, à toute heure et quelles que soient nos plateformes informatiques aux photos aériennes en haute définition du territoire national (Dom Tom compris). Nous attendions que toutes les données de l’IGN puissent se superposer (par un système de calques) à ces mêmes photos (routes, équipements, hydrographie etc.…) sous forme de fichiers vectoriels, car moins volumineux et surtout plus malléables. Ces services de base pouvant être évidemment complétés par des services plus spécialisés, plus précis et payants destinés à la fois aux communes, aux entreprises, à l’agriculture, aux différents services de l’Etat ou des Régions et même aux particuliers. Une segmentation adéquate de l’offre et une planification rigoureuse des lancements aurait à la fois permis au grand public et aux professionnels de trouver leur bonheur. L’IGN y aurait gagné sur tous les plans : Les services payants auraient participé au financement, elle aurait mis en avant son savoir-faire et accru sa notoriété. Le monde entier aurait acheté à prix d’or les technologies siglées « Géoportail » ainsi que leur mise en œuvre.

Pour le grand public, la définition des photos n’est qu’effet d’annonce. Voir sa maison, son jardin et éventuellement reconnaître sa voiture sur le parking est plus que satisfaisant en termes de définition à partir du moment où ces images sont de très bonne qualité et à partir du moment où d’autres données peuvent leur être superposées. Le tout épaulé par une interface claire, fonctionnelle et multi plateformes. Voilà la réelle valeur ajoutée.

Ce que le Géoportail nous offre aujourd’hui
Le résultat, nous l’avons tous constaté, est plutôt décevant. Un lancement officiel raté, une infrastructure insuffisante, des erreurs de scripts, des images bien pâles et d’une définition inférieure à celles de Google Earth, des cartes routières numérisées etc.… Quant aux offres complémentaires, elles restent plus ou moins fantômatiques. Seul point positif : des données d’une définition identique sur tout le territoire. Et dire « qu’on allait voir ce qu’on allait voir », que « Chez Google, ils n’avaient qu’à bien se tenir ! ».

Quel rapport avec le Design Global me direz-vous ?
Le design global consiste à proposer aux clients d’une entreprise, aux utilisateurs d’un produit ou d’un service la meilleure « expérience utilisateur » possible : Quelle est mon expérience globale de telle entreprise ? L’IGN a visiblement considéré qu’il suffisait de construire et de distribuer un dossier de presse pour garantir le succès de son nouveau service…

La stratégie qu’aurait dû suivre l’IGN
Certes, il est particulièrement facile de donner des conseils à posteriori. J’en suis parfaitement conscient. Mais je vais tout de même prendre le risque de lister ce que j’aurais préconisé à un client, d’autant plus qu’il s’agit dans bien des cas d’une simple question de bon sens :

- Ne jamais faire de lancement officiel si le produit/service n’est pas parfaitement opérationnel,
- Ne jamais promettre des fonctions sans qu’elles aient été testées et validées cent fois,
- Faire vivre le service en version Bêta pendant plusieurs mois en évitant de communiquer,
- Faire les corrections nécessaires aux différents retours d’expériences des Beta-Testeurs,
- Monter en charge petit à petit,
- Prévoir l’infrastructure nécessaire au déploiement du service,
- Ne jamais attaquer frontalement un concurrent par voie de presse,
- Ne jamais prendre sciemment le risque de dénigrer des services concurrents avant même d’avoir prouvé sa propre supériorité (ce sont vos utilisateurs qui vous la prouvent et non votre service de communication),
- Toujours prévoir en amont les effets annexes d’un possible « plantage »

Le Geoportail est un projet particulièrement ambitieux qui ne peut être mené à bien que sur le long terme. Personne ne s’attendait à un service parfait dès l’ouverture, mais les ambitions on ne peut plus claires affichées par l’IGN depuis des mois (le fameux « Google Earth killer »), associées au fantastique fond dont elle dispose, ont fait naître dans une opinion déjà habituée aux possibilités offertes par Google Earth (rappelons qu’il s’agit d’une réelle application), une incroyable attente : 6 millions de requêtes le premier jour. Les invraisemblables ratés du lancement ont déçu cette même opinion et ont fait des ravages sur la notoriété de l’IGN à l’étranger. Gageons que le prochain lancement à l’automne des fonctions 3D du service permettra à l’IGN et a ses partenaires de remettre un certain nombre de chose à plat afin de proposer une expérience utilisateur sans commune mesure avec son concurrent américain.

Le Géoportail : www.geoportail.fr
L’IGN : www.ign.fr
Google Earth : earth.google.com

juillet 8, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

23 juin 2006

Faut-il avoir peur du crowdsourcing ?

Raisons_1Le crowdsourcing est cette nouvelle tendance qui cherche à pousser l’outsourcing (l’externalisation des compétences) dans ses derniers retranchements.
Il consiste à utiliser la capacité de travail de tout un chacun à une seule et unique fin : Abaisser encore et toujours les coûts. Comment ? En utilisant le « temps libre », les savoir-faire et surtout le dévouement de chacun d’entre nous pour un prix négligeable voire nul. Un exemple ? Pourquoi acheter à prix fort les photos d’un photographe reconnu via une agence ou une banque d’image, alors que des dizaines de milliers d’amateurs de par le monde, équipés et connectés, sont prêts à me fournir des images d’une qualité à peine moindre pour seulement quelques dizaines d’euros et sans droits d’auteur ?...

On peut voir dans le crowdsourcig une "institutionnalisation" de la précarité au niveau planétaire. C'est vrai. Dans le contexte culturel et social qui est le nôtre, le crowdsourcing ne peut que nous donner la nausée !

Un exemple concret

Fotolia.fr permet à quiconque de présenter et de vendre ses propres photos « d’amateur » sur une place de marché aux dimensions planétaire (j’y propose moi-même un certain nombre de clichés pûrements « amateur »). En 18 mois d’existence, cette banque d’image a d’une part bénéficié d’un développement international incroyable. D’autre part et dans le même temps, la qualité des photos proposées a elle aussi fait un bon absolument spectaculaire. Jamais je ne vivrai même en partie de la vente des quelques photos que j’ai pu leur proposer en décembre 2004. Pour une raison simple : Je n’ai ni le savoir faire, ni l’expérience d’un photographe professionnel. Ceci dit, si j’étais un pro de la photo, j’y verrais peut-être une fantastique opportunité ! Après tout, nous avons tous appris « qu’il vaut mieux vendre un produit peu cher à un maximum de monde, plutôt qu’un produit cher à peu de monde ». Rappelez-vous, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Gageons qu’il vaut mieux qu’un photographe vende 10000 fois la même image à 20 ou même 100 euros la version HD libre de droits, que 100 fois cette image à 1000 euros, assortie de conditions d’utilisation qui feraient frémir de désespoir un moine bénédictin.

En fait, Fotolia.fr répond avec brio à un besoin inassouvi et de plus en plus important d’images. Les banques d’images sont trop chères pour beaucoup d’entreprises (en tout cas c’est comme cela qu’elles le perçoivent). Ce système permet à chacune d’entre elles d’accéder pour des frais modiques à une réelle valeur ajoutée, bien que souvent (mais pas toujours) de qualité imparfaite.

Un contre-exemple

Les entreprises ne se passeront jamais de l'expertise d'un professionnel aguerri uniquement pour des questions de coûts, en particulier pour leurs activités stratégiques. Qu’on se le dise, l'expertise est rare et ce qui est rare... fait monter les coûts et non l'inverse !

Alors faut-il avoir peur du crowdsourcing ?

La réponse est mitigée. Certaines activités vont immanquablement être malmenées par cette manière d’appréhender les ressources externes : le journalisme et la rédaction, la photo, la traduction, certains travaux d’exécution… Mais le crowdsourcing permettra peut-être à terme d’inventer un nouveau modèle économique qui sera bénéfique à tous.

La généralisation des équipements informatiques, les connexions haut-débit et les services associés bouleversent décidemment bien plus profondément et bien plus rapidement notre société que ce que l’on a jamais pu imaginer ! Nous serons rapidement obligés de remettre en question ce qui structure depuis des siècles notre réalité : Notre rapport au travail, à la connaissance, à la culture, à l’argent, à la consommation, à l’entreprise, à l’Etat et au temps. Des questions fondamentales se posent alors : Le salariat disparaîtra-t-il sur l’autel de la productivité, devant la monumentale statut dorée du dieu « Cost Killer » ? Comment gagnerons-nous notre vie dans 10 ou 15 ans ? À l’aide de toute une série de « micro missions » de quinze ou vingt minutes chacunes ? Les grandes entreprises auront-elles réussies à éliminer l’éternelle variable d’ajustement « Masse salariale » au profit du portefeuille des seuls actionnaires ? Ou deviendrons-nous tous les micros actionnaires de centaines voire de millier de sociétés ?

Au-delà de toutes les invraisemblables et stériles querelles idéologiques issues d’un autre temps, il est de notre responsabilité d’inventer les modèles qui structureront les réalités de demain. Soyons créatifs, inventons des scénarii, n’ayons pas peur de faire table rase, utilisons notre imagination, notre intelligence et les possibilités que nous offre la technologie et les réseaux pour inventer le monde de nos enfants.

Article sur InternetActu 

juin 23, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

14 juin 2006

Designer : Chômeur ou entrepreneur ?

AssedicsJe souhaite ici me faire l’écho d’un article paru dans Admirable Design fin mai 2006 et dont voici le lien. Olivier et Johanna, deux jeunes designers diplômés de l’Ecole Internationale de Design de Toulon racontent la course d’obstacles qui les a amené à créer leur propre agence : Créanove design.

Le marché du travail est pour le moins défavorable aux jeunes designers inexpérimentés. Remarquez, il l’était déjà en 1995 lorsque j’ai moi-même quitté l’école. Le contexte, comme dans bien d’autres secteurs d’activités, n’a malheureusement pas évolué bien que la demande ne peut qu’exploser.

Pour Olivier et Johanna, créer leur propre agence n’a pas été initialement leur choix. Même si on y a tous rêvé un jour ou l’autre, monter sa propre entreprise se révèle être une prise de risque énorme pour le commun des mortels : Comment la financer, comment la gérer, les clients seront-ils assez nombreux et fidèles… D’autant plus qu’un éventuel échec serait très mal vu.

Un designer novice (ou même expérimenté) n’a-t-il d’autres choix que de créer « sa boîte » ou de pointer aux ASSEDICS ? Vos commentaires et expériences sont les bienvenus…

L'article sur Admirable design

juin 14, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack