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19 octobre 2007

Innovations chez Casino


Casino1_2 L’agence de design In Process apporte toute son expertise en matière d’innovation à Casino, et crée sa nouvelle ligne de produits fonctionnels et élégants dédiés à l’univers de la maison appelée Inspirations Design.

Dans l’optique d’offrir des produits parfaitement adaptés aux usages de ses consommateurs, Casino a confié à In Process la création de cette nouvelle ligne de produits car l’agence est spécialisée dans l’optimisation et l’innovation de produits et services. De plus, In Process a développé une méthode de travail unique appelée l’Observation Lab™ qui repose sur l’observation des comportements des usagers. C’est le premier observatoire du comportement des individus qui permet une compréhension des étapes du « cheminement utilisateur », et dont les conclusions aboutissent à la création de nouveaux produits et services.

C’est ce process que la marque Casino a choisi pour innover par le design et proposer de nouvelles solutions (rangement, modularité) et de nouvelles fonctionnalités à ses produits afin de leur forger une identité différenciante tout en s’appuyant sur les valeurs clés de la marque : vitalité, audace, ouverture et simplicité.

La forme de base, qui constitue l’ADN de la gamme, est un cube dont les angles ont été arrondis pour un aspect doux et moderne, et qui prend une forme de biseau pour un meilleur accès (prise en main) et un style caractéristique. L’ensemble met en valeur la préhension, l’optimisation du stockage mais également le style et le design unique des objets. Sur cette base, In Process a créé deux produits phares : Parady, un bain de soleil en bois dont le design en forme de vague met en avant toute la dualité entre praticité et style ; et Klubb, un fauteuil club en plastique rotomoulé qui se caractérise par une grande modularité puisqu’en le retournant, il se change en tabouret.

À travers cette nouvelle collection exclusive d’objets pour la maison, In Process a su allier audace, esthétisme et fonctionnalité, pour répondre au mieux aux demandes latentes des utilisateurs.

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octobre 19, 2007 dans Design global | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack

20 janvier 2006

Happy : Dites-le avec des fleurs !

Happy_fleursLaurent Amar, PDG de Monceau Fleurs (75 millions d'euros de CA  et cent magasins) a lancé au mois de novembre dernier un nouveau concept de vente de fleurs low cost. « Happy », puisque tel est le nom de l’enseigne, cherche avant tout à démocratiser l’achat d’impulsions en proposant au sein de petites boutiques et d’un site web des fleurs à prix réduits, tout en garantissant une haute qualité des produits par une organisation et une logistique innovante sur ce marché.

Le design global est très soigné. Les boutiques, conçues par Architral, sont particulièrement réussies. Les murs noirs font littéralement exploser les couleurs vivent des bouquets. Les fleurs exposées sur des estrades disposées de part et d’autre d’un couloir sont disponibles en libre-service. Le client choisit un bouquet déjà préparé ou, plus innovant, le compose lui-même.
Le packaging à lui aussi été conçu avec soin. Les solutions retenues sont particulièrement adaptées à une clientèle urbaine faite de piétons ou de cyclistes. Ainsi, vos fleurs sont emballées dans des sacs à cordelettes que l’on peut passer à l'épaule, des cônes porte-fleurs ou autres contenants en forme de boîtes à gâteaux. Le « Barakado » quant à lui est un espace qui permet de personnaliser son bouquet en y ajoutant divers accessoires.

Monceau Fleurs prévoit d’ouvrir trois autres boutiques d’ici le mois de mars prochain, période à laquelle l’enseigne « Happy » sera également franchisée.

Nul ne doute qu’un tel concept va rapidement s’étendre. Monceau Fleurs a habilement réussi à réinventer la vente de fleurs au détail en adoptant une stratégie design efficace (un concept innovant, un scénario, une identité forte déclinée sur tous les supports). Plus d’excuses messieurs !

Site web : www.happy.fr
Article : l'Observatoire de la Franchise
Article : Le Monde.fr
Article : l'Express.fr

janvier 20, 2006 dans Design global | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

03 octobre 2005

Foude ou l’univers de la « Techno-cuisine »

FoudeLe secteur de la restauration est depuis une quinzaine d’années déjà en pleine mutation. Nos comportements face à la restauration changent en profondeur. Les restaurants de quartier où l’on nous sert une cuisine familiale et régionale dans un cadre quelconque sont sur le déclin. Même les restaurants gastronomiques et leurs stars étoilées font face à une profonde crise qui ne pourra en aucun cas se résoudre en jouant des partitions déjà périmées...

L’époque est aux « restaurants concepts ». La notion de concept allant bien au-delà des établissements centrés sur la cuisine italienne, grecque, iranienne ou encore créole que nous avons longtemps fréquenté. Un concept de restaurant est la synthèse entre une carte et un environnement (un lieu, une ambiance). Les restaurants et surtout les chaînes de restaurants « qui marchent » (y compris les fameux bistrots des Grands Chefs) sont des endroits ou l’environnement a largement pris le pas sur le contenu de l’assiette. Celui-ci d’ailleurs quitte les sphères du régionalisme pour se centrer vers une cuisine de type « fusion ». De plus, les restaurants sont l’objet d’une rationalisation sans précédent. Les financiers ont définitivement pris l’ascendant sur le Chef à la tête d’une brigade en cuisine et sur madame, manager d’une équipe de service, veillant à la fois sur la qualité de l’accueil autant qu’aux finances de la maison. Qui sait que les plats produits de manière industriel ou semi-industriel sont aujourd’hui aussi bons, voir meilleurs dans certains cas que les plats artisanaux ? Il est vrai que cela nous demande une remise en question culturelle profonde et un effort de compréhension sans précédent.

« Foude » est la quintescence du restaurant concept. Tout y est parfaitement analysé, étudié, planifié et mis en place : De la gestion aux menus, la présentation, le service, la signalétique, les couverts, les tables, les packagings, l’ambiance… L’audace et la créativité ont été au centre de la réflexion, quitte à redéfinir des quantités de règles établies depuis des lustres dans ce secteur d’activité. Le design global a été le support et le vecteur parfait de cette réflexion. Tout se tient et tout est juste (que l’on aime ou que l’on aime pas). Reste maintenant à savoir si la clientèle sera fidèle au-delà de la simple période de découverte…

Un excellent ouvrage signé François Ascher "Le mangeur Hypermoderne" au éditions Odile Jacob analyse avec une extrême précision nos comportements alimentaires et nos attitudes face à la restauration. L’ouvrage est totalement orienté sociologie et ethnologie et peut de ce fait être assez difficile d’accès. Cependant il peut servir de base de réflexion à tous les restaurateurs quels qu’ils soient. Encore faut-il qu’ils aient conscience que leur propre savoir-faire et leur propre intuition ne suffisent plus à faire d’un restaurant une affaire rentable et pérenne...

Quatrième de couv :
Présentation de l'éditeur
Le micro-ondes et les portions individuelles, le péché de gourmandise, l'anorexie et l'obésité épidémiques, les McDo's, le slow-food, le fooding, le traiteur à domicile, la gastronomie moléculaire: autant d'objets, de faits et de pratiques sociales qui révèlent les traits propres à la société contemporaine. Après ses travaux sur les villes, François Ascher poursuit son étude de la société " hypermoderne " en s'appuyant cette fois sur l'évolution des pratiques alimentaires. Il en tire des hypothèses ambitieuses et stimulantes sur le développement du modèle du restaurant, y compris à la maison, sur les relations entre sociabilité et pratiques alimentaires, sur l'émergence d'un nouveau groupe social, la " classe créative ", pour laquelle la nourriture devient une question d'esthétique quotidienne, etc. Une véritable radiographie de la vie quotidienne d'aujourd'hui; une réflexion originale sur la liberté des individus telle qu'elle s'exerce chaque jour.

Biographie de l'auteur
François Ascher est professeur à l'université Paris-VIII et à l'Université de Genève. Il est l'auteur de Métapolis.

"Le mangeur Hypermoderne"
"Foude.com"
Article sur "Admirable design"

octobre 3, 2005 dans Design global | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

29 août 2005

Le Crédit Lyonnais change tout !

LyonnaisAprès GDF, ADP, la SNCF ou EDF, c’est au tour du Crédit Lyonnais de faire peau-neuve. La nouvelle identité était connue depuis le mois de juin. Elle a été officiellement présentée ce matin...

Le changement est radical. Le Crédit Lyonnais voudrait-il faire oublier une (longue) période sombre de son histoire ? Personne n’en doute ! L’image a été remise à plat, disséquée, analysée et recomposée par Desgrippes Gobé. Au-delà de l’identité visuelle (il ne s’agit pas simplement de re-créer de nouveaux habits, un nouveau contenant), la banque repart sur de nouvelles bases, sur un nouvel « engagement client ». Le Crédit Lyonnais veut construire un modèle bancaire unique, fortement différencié des concurrents nationaux. Un modèle basé sur de nouveaux services, une nouvelle relation client. Un modèle qui se veut préfigurer un nouveau type de banque, plus moderne, plus accessible, plus transparente, plus en phase avec les besoins et les contraintes de ses clients. Le pari est ardu et risqué. Le changement ne pourra se faire que dans la durée, mais « LCL » n’avait pas le choix. Le changement était devenu une question de survie. Nul ne doute que la réflexion de fond qu’a menée à marche forcée le Crédit Lyonnais sera rapidement intégré à la réflexion de ses concurrents.

Graphiquement le changement est total. Seules subsistent les couleurs de base, le jaune et le bleu. Mais contrairement à l’identité précédente, c’est le bleu qui prend l’ascendant. D’où la sensation de changement total d’univers. Le jaune étant relégué au statut de couleur d’accompagnement, voire de couleur de ponctuation.

La mention « Crédit Lyonnais » devient secondaire au profit des acronymes « LCL ». La typographie est légère mais parfaitement juste, ancrée et maîtrisée. Le logo est ponctué d’un arc de cercle qui se veut rassembleur, un cocon d’où émane une certaine sécurité, une sérénité, par un dessin léger et quasi sélène.

La campagne de communication qui s’annonce aura un coût de 20 millions d’euros, dont 680 spots TV. La nouvelle identité sera progressivement adaptée à l’ensemble de l’architecture commerciale et aux supports consommés par les 1895 agences du Crédit Lyonnais.

- Crédit Lyonnais
- Dossier de presse
- Desgrippes Gobé

août 29, 2005 dans Design global | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

20 août 2005

Heineken concept store

HeinekenPour faire face à la baisse constante de la consommation de bière depuis une dizaine d’années (-8% depuis le début de l’année 2005), le brasseur Heineken se lance à son tour dans l’aventure du « concept store ». Après l’ouverture d’un musée de la bière à Amsterdam « Heineken Experience », les bars à thèmes « Murphy’s House » pour l’ambiance pub Irlandais et le bar à tapas « Casa del Campo » pour l’ambiance espagnole, le brasseur néerlandais s’offre une adresse prestigieuse au 65 avenue des Champs-Elysées avec plus de 1000 m2 de surface commerciale totalement consacrée à l’univers de la bière. « Culture Bière » (puisque c’est son nom) se veut être une véritable vitrine, un temple destiné autant aux consommateurs néophytes qu’aux passionnés. Par ce concept, Heineken cherche avant tout à faire évoluer l’image de la bière et à redynamiser le marché...

Articulé autour de trois étages où trois atmosphères différentes mêlent tradition et modernité, Culture Bière offre un large choix d’ambiances et de services : restaurant, bar, lounge, terrasse, galerie et bien sûr boutique. Plus inattendu, des espaces traiteur, vidéos, animations, ateliers ou retransmissions sportives permettent de retenir le visiteur un peu plus que le temps de siroter un simple demi bien frais ou un sorbet à la bière.

C’est par une vaste stratégie de marketing et de design global qu’Heineken repart à la conquête du marché. Après les produits (leur positionnement et leur packaging), le off-line (dont le magazine « Culture Bière » qui revendique 1 million d’abonnés…) et le on-line, c’est au tour du « in-line » (dixit Heineken) d’entrer en scène. Le concept est novateur, l’adresse est prestigieuse, les ambiances, le mobilier, la verrerie, la communication in & out store et le packaging boutique très travaillés, le merchandising comme il se doit très présent.

A quoi bon innover, créer un nouveau concept, un nouveau produit ou un nouveau service si son environnement immédiat, son contenant au sens large ne lui est pas adapté ? S’il ne le reflète pas, s’il n’est pas lui aussi mis en valeur ? Le design global a pour vocation d’assurer la cohérence entre tous les paramètres design de l’entreprise (produits ou services, emballage, identité visuelle, architecture commerciale…). Chaque paramètre est conçu individuellement tout en s’articulant et en tenant compte de son impact sur tous les autres paramètres. Le résultat est un tout fort, unique et cohérent. La stratégie de reconquête (ou du moins de stabilisation du marché) d’Heineken ne déroge pas à cette règle…

Les intervenants
Dragon Rouge Archi (concept design)
Fair Play (Conception Merchandising)
D l’Agence (Communication in & out store)
Jean Jaffray (Création packaging boutique)
Videmus (Conception vidéo, son et lumière)
Arc International (Création de la série de verres exclusive)
Soca (Mobilier)

> Dossier de presse

août 20, 2005 dans Design global | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

27 juin 2005

Un Nespresso sinon rien !

NespressoNespresso, filiale de Nestlé, est devenu en quelques années un acteur incontournable du café haut de gamme. Surfant sur la vague de l'expresso à domicile, le numéro un mondial du café a su créer une image de marque extrêmement forte en jouant la carte du club et de l'exclusivité. Quels sont les facteurs qui ont permit une telle réussite ?...

Une stratégie
Une stratégie à long terme parfaitement maîtrisée et un marché parfaitement identifié.

Un concept
La capsule Nespresso (100 millions de capsules vendues par mois) a rapidement relégué les autres systèmes (même proches) au rang d’antiquités, bien que le coût des capsules soit largement en sa défaveur… Le système est simple, souple, propre et joue sur une gamme de café très large et parfaitement identifiés. Le concept va encore plus loin que la simple production de « petit noirs »  en proposant tout une gamme d’accessoires exclusifs de très bonne facture.

Des partenariats
Les fabricants de percolateurs ont été intégrés à cette stratégie dés sa définition même. Des grands noms du secteur (Krups, Magimix, Miele ou Siemens) ont très rapidement tablé sur la réussite du concept. Basées sur un concept novateur, leurs machines jouent totalement la carte du design. Elles n’existent que par leur sens, leur concept et par l’émotion qu’elles engendrent : On se les approprie instantanément.

La communication
Nespresso a su instaurer une communication absolument limpide. Les revenus générés par la vente des capsules et la publicité ont permis le développement de supports de communication (y compris d’un magazine) hauts de gamme. Les cafés sont considérés tels des mets ou des vins raffinés. Plus que jamais Nespresso considère sa clientèle comme élitiste (quoi qu’elle se démocratise de plus en plus) et reflétant un certain art de vivre.

Le réseau de vente
Deux fronts ont été ouverts. Dans un premier temps la vente directe : par Internet (nespresso.com), par courrier ou par téléphone. Ce vecteur a d’abord été plus ou moins hésitant, mais a rapidement su prendre ses marques. Puis, dans un second temps un réseau de boutiques qui ne cesse de s’étoffer. La conception de ces boutiques (confiée à Francis Krempp) est un modèle de cohérence et d’homogénéité. Lorsqu’on entre dans une boutique Nespresso, on entre de pleins pieds dans « l’univers Nespresso ».

Les services
Un service clientèle à faire pâlir de jalousie n’importe quelle entreprise. Si vous êtes déjà client, rendez-vous dans n’importe quelle boutique et demandez à l’accueil que vous souhaitez la même commande que celle que vous avez passé par Internet le 12 novembre 1999. D’abord, on vous appellera par votre nom et en 5 minutes chrono, votre « pack » estampillé « Nespresso » sera sur le comptoir. Il comprendra des capsules évidemment, mais aussi le pack de nettoyage pour votre propre modèle de machine. On vous demandera également si vous avez besoin d’un réassort concernant les 12 tasses que vous avez acheté alors, au cas où certaines seraient depuis lors passées par la case « sac de tri ». Pendant ce temps, on vous proposera bien sûr de déguster les saveurs de la nouvelle gamme « Lungo » et on vous racontera l’histoire extraordinaire qui a entériné le choix de cet arôme incroyable !

Nouvelle boutique parisienne
Boutiques Nespresso
Magazine Nespresso
Krups
Magimix
Challenges

juin 27, 2005 dans Design global | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

04 juin 2005

Croquons la pomme !

AppleApple Computer est considérée aujourd'hui par tous les acteurs majeurs de l'industrie informatique comme la plus innovante des entreprises du secteur. Après plus de 25 ans de déboires et de succès, la firme à la pomme, aidée depuis toujours par le charisme foudroyant de son leader historique Steve Jobs à réussi à se hisser en 7 ans d'un statut maintes fois diagnostiqué de "en état de mort clinique" au statut de star incontesté de la high-tech branchée. Apple est avant tout pour moi un merveilleux exemple de design global. Revenons sur ce qui fait sa force...

Une stratégie incisive et résolument orientée vers l’innovation
Apple est le fruit d’une vision. Celle de deux hommes : Steve Jobs, le visionnaire, le conquérant, « la grande gueule » et de Steve Wozniak, l’ingénieur de talent. Ils ont parié en un temps où l’informatique était réservée à une élite oeuvrant dans les grandes entreprises ou administrations, qu'elle deviendrait en y appliquant leurs idées, un outils simple, convivial et indispensable au quotidien de tout un chacun. Pari très risqué en 1977, mais pour le moins réussi 25 ans après l’Apple I. La plupart des technologies que nous utilisons aujourd’hui (quel que soit le type d’ordinateur que nous utilisons) ont été initiées par Apple et le Xerox Parc : l’interface graphique, la souris, la vidéo, les technologies sans fils, les logiciels intégrés, les écrans couleurs, les imprimantes Postcript, le Plug and Play, etc… Des pans entiers de l’économie ont été chamboulés par l’avènement de la PAO, la MAO, le cinéma, la vidéo ou la photo numérique.

La stratégie d’Apple, c’est aussi celle du « Hub numérique » qui consiste à proposer au travers de produits et de services de grande qualité une plateforme complète se voulant être au centre de la vie numérique du public. Pour que cette stratégie, ou vision, puisse réussir, l’ordinateur se doit d’être opérationnel dés son achat et donc contenir de facto tous les logiciels permettant de gérer texte, image, vidéo, musique… La première force d’Apple, c’est l’innovation. Elle est son moteur, sa raison d’être, son essence même.

Alors pourquoi lui reproche-t-on toujours sa part de marché qui oscille entre 1,5 et 3,5% ? C’est sa nature même qui lui plombe année après année cette même part de marché. Par conséquent, il ne peut pas en être autrement !

D’abord Apple fait tout elle-même, les produits, les systèmes d’exploitation, les logiciels, certains périphériques, la vente (nous y reviendrons plus loin)… Elle livre une solution globale, intégrée, solution dans laquelle tout à été pensé et réalisé selon un seul et unique critère : l’utilisateur. Par conséquent ses prix ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec ceux d’intégrateurs de PC Taïwanais ou même ceux que pratiquent DELL ou HP. Apple pense de manière globale, intégrée et cohérente tout en s'ouvrant de nouvelles possibilités techniques et de nouveaux marchés. (QuickTime, iPod, iTunes Music Store, Airport Express et très bientôt la vidéo). L’éternel débat sur la part de marché d’Apple n’a tout simplement aucun sens. Personne n’a jamais songé à reprocher à BMW sa faible part de marché sur le marché global de l’automobile (certes beaucoup plus éclaté) ! Et pourtant BMW comme Apple sont des sociétés dont les finances sont parfaitement seines, et qui font même la jalousie de bon nombre de leurs concurrents.
Ensuite, la force de frappe d’un Microsoft est absolument colossale et pesante. Personne dans l’histoire somme toute récente de l’industrie n’a jamais bénéficié d’un tel poids, d’une telle capacité à imposer ses propres standards. Non pas parce qu’ils sont plus innovants, plus sûrs ou plus efficaces, mais parce que la base installée est telle qu’ils s’imposent par eux-mêmes comme des standards de fait.

Ceci dit, après l’annonce d’Apple de migrer dés 2006 vers les futurs processeurs Intel, même si cette décision courageuse ne signe en rien la mort du Mac, permettra de rebattre très largement les cartes. Les années qui viennent seront de ce point de vue passionnantes pour les observateurs… Steve Jobs a depuis la création d’Apple, non seulement une vision mais également une stratégie limpide qu’il met patiemment en œuvre depuis son retour aux affaires en 1997. Petit à petit, année après année, cette stratégie porte ses fruits malgré les aléas et les déconvenues de toutes sortes. Apple nous prépare encore et toujours des surprises…

Les produits
Après l’innovation, la deuxième force d’Apple, est la maîtrise de A à Z du développement de ses produits (à l’exception de la fabrication). C’est la parfaite symbiose entre hardware et software. C’est la combinaison du savoir-faire entre les équipes de designers conduites par le génial Jonathan Ive, les équipes de l’ingénierie hardware et logiciels, du marketing, des achats et des ventes. Lorsque chacun travaille nous seulement en acceptant, mais aussi en se sentant renforcé par les contraintes et les impératifs des autres, les résultats ne peuvent être que positifs : l’iMac Bondy Blue de 97, l’iPod, l’iPod Shuffle, le PowerMac G5, l’iMac G4 Tournesol ou l’iMac G5… sont rapidement devenus des produits cultes, certains ayant même décroché le Saint Graal : une vitrine dans des musées d’art contemporains.

Le portefeuille produit est aujourd’hui extrêmement cohérent. Une gamme pro (stations de travail et serveurs) et une gamme grand-public vaste, mais surtout taillée pour répondre parfaitement à la fameuse idée de « Hub numérique ».

Depuis toujours, je suis fasciné par le sens du détail et le souci de la perfection qui anime les équipes de développement. Formes et volumes, matériaux, finitions et assemblages, rien n’est laissé au hasard, même dans les recoins les plus inaccessibles de la carte mère. La qualité intrinsèque des produits Apple est à la hauteur de leur qualité perçue. C’est ce qui fait de ces produits, des objets à part qui suscitent instantanément le respect, l’admiration, mais également l’émotion. Un produit Apple n’est pas qu’un concentré de fonctions, mais aussi un objet que l’on aime regarder, toucher et en fin de compte utiliser, s’approprier. Les objets qui suscitent l’émotion sont toujours des objets réussis.

L’image de marque
Elle fait partie de l’une des 3 ou 4 plus fortes images de marques jamais observées. Longtemps cantonnée à la périphérie du marché des ordinateurs individuels, elle se démocratise de plus en plus depuis quelques années. La communication d’Apple a toujours été (du moins depuis la fameuse finale du SuperBowl de 1984) offensive (Intel Pentium), décalée (Think Different) et a toujours su fédérer autour d’elle une communauté prête à tous les sacrifices (passage au PowerPC, à Mac OSX et bientôt aux processeurs Intel). Des secteurs économiques entiers ont été déstabilisés, avant de renaître sous une nouvelle forme (la presse, l’imprimerie, la typographie, la musique, etc…).

La stratégie de vente
Apple s’est historiquement toujours appuyé sur le fameux réseau des Apple Centers. Une fois que le web a permis une expérience utilisateur suffisante et des échanges financiers sécurisés, elle a tout misé sur l’Apple Store (le fameux site d’e-commerce) et surprise, sur des points de ventes « physiques » répondant à un concept parfaitement identifié et maîtrisé, mêlant l’univers Apple tant du point de vue de l’architecture que des services proposés.

Le design global
Quoi de plus fascinant et de plus satisfaisant pour chaque acteur de l’entreprise que de voir des adolescents jusqu’à des seniors du monde entier utiliser voir exhiber fièrement le fruit d’années de travail de fond. Apple est une parfaite (quoi que cahotique) illustration de ce qui fait la force du design global. Sans cohésion entre image de marque, produits, communication et stratégie de vente, elle aurait (comme tant d’autres entreprises) disparu depuis fort longtemps. Ce qui fait encore et toujours sa force, c’est cette vision qui considère qu’une entreprise est un tout unique et cohérent jusqu’aux moindres détails des produits et de leur packaging, du logo aux points de vente, un socle patiemment bâti sur lequel on peut s’appuyer à l’heure des changements de vents.

juin 4, 2005 dans Design global | Permalink | Commentaires (10) | TrackBack