JF Gemmrich - Designer/Consultant en design global ABOUT PORTFOLIO BLOG STORE
   
ACCUEIL

« juin 2006 | Accueil | août 2006 »

14 juillet 2006

Design-Global.net : Première bougie

AnniversaireDesign-global.net n’a pas vocation à parler de l’actualité « chaude » des produits, des services ou des marques (sauf exceptions). La raison pour laquelle j’édite ce blog depuis maintenant plus d’un an est la suivante :  Ce blog est mon espace de liberté. Je m’y exprime lorsque mon planning me le permet. Je souhaite y parler de mon métier au quotidien, de ses tenants et aboutissants, de ses fondamentaux, des raisons pour lesquelles je le pratique et des raisons qui me font l’aimer.

Je souhaite également faire de cet espace un lieu de rencontre et d’échange. Un lieu au sein duquel nous pourrions tous, designers, étudiants, consultants ou chefs d’entreprises apprendre les uns des autres dans un seul et unique but : Aller de l’avant, inventer, nous remettre en question et nous donner envie de remodeler l’avenir au sens large. Certains articles me permettent de répondre de manière indirecte aux questions que me posent mes clients. Certains articles son plus personnels, d’autres encore tentent de répondre à des questions dont le champ de réflexion est bien plus large…

Vous êtes plusieurs centaines à lire ses pages quotidiennement. Je vous en remercie.
Pas une seule seconde, je n’aurais pensé fédérer tous les jours autant de lecteurs de par le monde. Une déception toute fois. Vos commentaires sont rares. Cet espace n’est pas seulement le mien. Il est également le vôtre ! Vos commentaires sont précieux. Quelles que soient vos fonctions, faites-nous partager votre quotidien, votre vision du design, vos envies et vos rêves…

Au plaisir de vous lire ! Design-global.net rempile pour une année de plus…
Son avenir vous appartient !

juillet 14, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

13 juillet 2006

Communiquer par l’image

Design_imageC’est une évidence, le principal vecteur de communication du designer, c’est l’image. Reste à savoir qu’elle type d’image ! Toutes les images ne se valent pas. Toutes les images n’ont pas la même fonction. Toutes les images ne sont pas destinées à susciter les mêmes réactions, les mêmes émotions, la même adhésion… Tout dépend de la vocation de l’image et de la cible à laquelle elle est destinée.

Les images que produit le designer ont avant tout une fonction pédagogique
La fonction première du designer est de réfléchir à des concepts, des scénarii, des systèmes, des fonctions, des signes ou des volumes. Puis à leur « donner vie » de manière tangible en dehors de son propre esprit. Il est alors confronté à la nécessité absolue de les « faire passer » auprès de ses interlocuteurs (ses clients) qui, pour compliquer les choses, proviennent toujours d’univers professionnels très différents : Un chef de produit doit y voir les réponses à ses attentes autant qu’un ingénieur bureau d’études des réponses à ses contraintes.

Faire vivre une « expérience » et susciter l’adhésion
L’objectif est de faire vivre à nos interlocuteurs « une expérience positive ». Celle du futur produit ou du futur service, en leur faisant jouer à leur insu le rôle de l’utilisateur final. Dans le cadre d’une démarche design globale, notre rôle consistera alors à créer un produit ainsi que son environnement, son contexte global : Voilà quel serait le concept, voilà à quoi ressemblerait le produit/le service, voilà comment il s’utilise, voilà son emballage, voilà son logo, voilà ses documents de montage, voilà à quoi ressemblerait un lieu de vente, voilà comment il pourrait être présenté sur un salon… En somme, voilà comment le projet formera « un tout fort et indissociable ».

La typologie de l’image change avec l’avancement du projet
La finalité de l’image n’est pas toujours la même tout au long du processus qui mène à la création d’un nouveau produit ou d’un nouveau service. D’abord à vocation conceptuelle (elle décrit les principes de base), elle se précise petit à petit tant dans la description technique du sujet traité que dans sa qualité purement graphique.

La technologie au service du projet
Il n’y a pas si longtemps encore, émanaient de nos bureaux des effluves de colle, de feutres ou de fixatif. Nous nous demandions comment stocker de manière intelligente et pratique nos innombrables formats A2, A1, Raisin ou encore Jesus. Transporter notre travail jusqu‘aux locaux de nos clients était souvent synonyme de casse-tête lorsqu’il fallait prendre les transports en commun ou monter dans un ascenseur… Les outils de DAO, PAO, de modélisation et de rendu 3D, associés aux logiciels de PréAO (Présentation Assistée par Ordinateur), aux Laptops et aux vidéo projecteurs ont radicalement transformé notre manière d’appréhender notre métier. Il suffit d’avoir eut l’occasion d’utiliser une seule fois des « interfaces 3D immersives » ou un outil de prototypage 3D (comme la stéréolithographie) pour prendre conscience que la véritable révolution est encore à venir !

Là ou le rôle du designer s’achève
Le designer n’a pas vocation à produire par lui-même des plans techniques ou des images destinées à la communication ou à la publicité. Son « Graal » est de se faire comprendre tout au long du processus et de susciter l’adhésion des différentes parties. Un projet mené à bien concentre toujours les savoir-faire de métiers parfois très différents. Qu’il s’agissent des métiers du bureau d’étude, du prototypage ou de l’industrialisation, qu’il s’agissent des métiers de la communication visuelle : photographes, illustrateurs, modeleurs 3D, maquettistes, typographes, ou encore des métiers du développement informatique… Tous sont étroitement impliqués au sein d’un projet et d’un objectif commun :

« Donner vie aux envies » et s’appliquer à les partager.

juillet 13, 2006 dans Méthodologie | Permalink | Commentaires (6) | TrackBack

10 juillet 2006

Merci Les Bleus !

TeamgeistJe ne suis de loin pas ce que l’on a coutume d’appeler un « fouteux ». Le football ne m’a jamais intéressé et je suis particulièrement allergique au sport business. Je suis de ceux qui considèrent que les sommes engagées dans ce genre d’événement ont quelque chose de particulièrement indécent. J’ai appris que la Coupe du Monde de la Fifa rassemble en audience cumulée plus de 30 milliards d’Etres Humains sur un mois de compétition ! Bien plus que les Jeux Olympiques qui se veulent pourtant la référence mondiale autour de l’idéal sportif… Le business est implacable, le sport le prétexte. Contrairement à beaucoup d’autres, je n’analyserai pas les prestations de l’équipe de France. Je n’ai aucune compétence en la matière, bien que dit-on, il y ait 60 millions de « Domenech » en France. Mon propos est tout autre.

Je suis intimement persuadé que nous pouvons tirer quelques leçons du parcours de l’équipe de France de football durant cette compétition. En particulier sur le plan de notre psychologie collective.

Nous souffrons depuis bien longtemps d’un manque chronique de confiance en nous.
Les Bleus nous démontrent avec brio qu’il ne s’agit que d’un sentiment superficiel, sentiment qu’un rien permet de surpasser. Le premier pas est toujours le plus difficile… Il suffit d’une étincelle pour initier la réaction en chaîne. La question étant : d’où provient l’étincelle ?

Nous souffrons également de la nostalgie de notre soi-disant grandeur passée.
Les Bleus nous démontrent également avec brio qu’à trop se prendre pour le centre du monde depuis la victoire de 1998, les egos de chacun gonflent très rapidement jusqu’à l’inévitable implosion. D’où la déconfiture nationale et la honte internationale de 2002. Notre histoire doit nous servir à construire l’avenir, pas à nous endormir sur elle en pratiquant des incantations.

Nous souffrons encore d’un énorme manque de créativité.
Les Bleus nous démontrent encore une fois en la personne du roi Zinedine Zidane (malgré son geste inexplicable) que la créativité, associée à la maîtrise technique pousse vers l’excellence, fait chavirer les foules et favorise l’irruption de « chair de poule » même chez les plus obtus au ballon rond. C’est beau et efficace à la fois. Voilà une belle définition du design…

Nous souffrons enfin d’un manque criant de conscience collective.

Le terme « Egalité » qui chapote les façades de nos mairies ne signifie pas « Tirer tout le monde vers le bas », mais bien au contraire il donne aux meilleurs le devoir de tirer les autres vers le haut, afin qu’ils puissent eux aussi tenter de se réaliser.

Plus que tout, s’il fallait retenir une seule leçon des Bleus, ce serait celle-ci :
Croyons en nous !

Bravo les Bleus et merci.

juillet 10, 2006 dans Actualités | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

08 juillet 2006

Le « Geoportail » de l’IGN prend l’eau

GeoportailIl a été sage d’attendre quelques semaines avant de m’exprimer sur ce fameux service que nous offre l’IGN, www.geoportail.fr. L’ambition de l’Institut Géographique National est de nous proposer un accès interactif aux photos aériennes de la totalité du territoire métropolitain et des Dom Tom, avec une définition sol de 50 cm. Vous en avez tous entendu parler, nombre d’entre vous l’avez testé…

Ce que nous attendions de l’IGN
L’IGN bénéficie, de par son statut, d’avantages que n’auront jamais les sociétés privées quelles qu’elles soient (y compris Google) : Le temps, le financement et surtout le background. De plus, nous connaissons tous, nous français et ce, depuis l’école primaire, le savoir-faire indéniable et l’expérience centenaire de ce vénérable institut aujourd’hui parfaitement équipé et à la pointe de la technologie.

Nous attendions par conséquent d’un tel service qu’il nous permette d’accéder facilement, à toute heure et quelles que soient nos plateformes informatiques aux photos aériennes en haute définition du territoire national (Dom Tom compris). Nous attendions que toutes les données de l’IGN puissent se superposer (par un système de calques) à ces mêmes photos (routes, équipements, hydrographie etc.…) sous forme de fichiers vectoriels, car moins volumineux et surtout plus malléables. Ces services de base pouvant être évidemment complétés par des services plus spécialisés, plus précis et payants destinés à la fois aux communes, aux entreprises, à l’agriculture, aux différents services de l’Etat ou des Régions et même aux particuliers. Une segmentation adéquate de l’offre et une planification rigoureuse des lancements aurait à la fois permis au grand public et aux professionnels de trouver leur bonheur. L’IGN y aurait gagné sur tous les plans : Les services payants auraient participé au financement, elle aurait mis en avant son savoir-faire et accru sa notoriété. Le monde entier aurait acheté à prix d’or les technologies siglées « Géoportail » ainsi que leur mise en œuvre.

Pour le grand public, la définition des photos n’est qu’effet d’annonce. Voir sa maison, son jardin et éventuellement reconnaître sa voiture sur le parking est plus que satisfaisant en termes de définition à partir du moment où ces images sont de très bonne qualité et à partir du moment où d’autres données peuvent leur être superposées. Le tout épaulé par une interface claire, fonctionnelle et multi plateformes. Voilà la réelle valeur ajoutée.

Ce que le Géoportail nous offre aujourd’hui
Le résultat, nous l’avons tous constaté, est plutôt décevant. Un lancement officiel raté, une infrastructure insuffisante, des erreurs de scripts, des images bien pâles et d’une définition inférieure à celles de Google Earth, des cartes routières numérisées etc.… Quant aux offres complémentaires, elles restent plus ou moins fantômatiques. Seul point positif : des données d’une définition identique sur tout le territoire. Et dire « qu’on allait voir ce qu’on allait voir », que « Chez Google, ils n’avaient qu’à bien se tenir ! ».

Quel rapport avec le Design Global me direz-vous ?
Le design global consiste à proposer aux clients d’une entreprise, aux utilisateurs d’un produit ou d’un service la meilleure « expérience utilisateur » possible : Quelle est mon expérience globale de telle entreprise ? L’IGN a visiblement considéré qu’il suffisait de construire et de distribuer un dossier de presse pour garantir le succès de son nouveau service…

La stratégie qu’aurait dû suivre l’IGN
Certes, il est particulièrement facile de donner des conseils à posteriori. J’en suis parfaitement conscient. Mais je vais tout de même prendre le risque de lister ce que j’aurais préconisé à un client, d’autant plus qu’il s’agit dans bien des cas d’une simple question de bon sens :

- Ne jamais faire de lancement officiel si le produit/service n’est pas parfaitement opérationnel,
- Ne jamais promettre des fonctions sans qu’elles aient été testées et validées cent fois,
- Faire vivre le service en version Bêta pendant plusieurs mois en évitant de communiquer,
- Faire les corrections nécessaires aux différents retours d’expériences des Beta-Testeurs,
- Monter en charge petit à petit,
- Prévoir l’infrastructure nécessaire au déploiement du service,
- Ne jamais attaquer frontalement un concurrent par voie de presse,
- Ne jamais prendre sciemment le risque de dénigrer des services concurrents avant même d’avoir prouvé sa propre supériorité (ce sont vos utilisateurs qui vous la prouvent et non votre service de communication),
- Toujours prévoir en amont les effets annexes d’un possible « plantage »

Le Geoportail est un projet particulièrement ambitieux qui ne peut être mené à bien que sur le long terme. Personne ne s’attendait à un service parfait dès l’ouverture, mais les ambitions on ne peut plus claires affichées par l’IGN depuis des mois (le fameux « Google Earth killer »), associées au fantastique fond dont elle dispose, ont fait naître dans une opinion déjà habituée aux possibilités offertes par Google Earth (rappelons qu’il s’agit d’une réelle application), une incroyable attente : 6 millions de requêtes le premier jour. Les invraisemblables ratés du lancement ont déçu cette même opinion et ont fait des ravages sur la notoriété de l’IGN à l’étranger. Gageons que le prochain lancement à l’automne des fonctions 3D du service permettra à l’IGN et a ses partenaires de remettre un certain nombre de chose à plat afin de proposer une expérience utilisateur sans commune mesure avec son concurrent américain.

Le Géoportail : www.geoportail.fr
L’IGN : www.ign.fr
Google Earth : earth.google.com

juillet 8, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack