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21 mars 2006
LED : Les envahisseurs sont déjà parmi nous…
A la différence notable des OLEDs (voir ce précédent post), les Diodes-Electro-Luminescentes ou DEL (LED en anglais) nous accompagnent dans notre vie quotidienne depuis plusieurs décennies. Cantonnées dans un premier temps à de simples « marqueurs visuels de statut » dans tous nos équipements électroniques (veille, charge, en fonction, etc…), leur importance et leurs applications ne cessent de croître. On en trouve dans l’automobile (clignotants, tableaux de bords), dans le secteur de la signalétique (feux tricolores, écrans de signalisation), du spectacle (écrans de très grandes dimensions), dans l’éclairage d’ambiance (lampes décoratives) ou encore comme éclairage ponctuel (lampes torches, téléphonie mobile). A priori, elles n’ont que des avantages puisqu’elles sont solides, leur durée de vie est très importante, elles se contentent de peu d’énergie et leur rendement est plutôt satisfaisant. Mais les LEDs ne remplaceront probablement jamais les éclairages à incandescence traditionnels car leur « puissance lumineuse » est somme toute assez réduite. Les OLEDs quant à elles pourront sûrement tôt ou tard relever ce défi.
Pourquoi vous parler aujourd’hui de ces incroyables petites sources lumineuses ? Simplement parce que les designers sont constamment à la recherche de technologies leur permettant d’ouvrir les champs des possibles. La recherche de matériaux, de procédés de fabrication ou de sources lumineuses dans ce cas, nous permet de nourrir constamment notre créativité et d’imaginer des applications, des fonctions, des volumes, des ambiances… Bref des objets nouveaux en favorisant les transferts de technologies et l’innovation tout en mettant l’utilisateur au centre de nos préoccupations.
Pour en savoir plus :
Led-fr.net
mars 21, 2006 dans Tendances | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
17 mars 2006
Changer d’ère
L'ère industrielle est maintenant clairement derrière nous. Elle a permis aux européens que nous sommes d'accéder à un confort de vie jamais vu dans l'histoire. Des générations ont pu en profiter pleinement. Tant mieux. Mais nous ne vivrons plus jamais uniquement des produits qu’une large part de nos concitoyens ont contribué à façonner. Qu'on se le dise une fois pour toute ! L'ère dans laquelle nous sommes déjà entré est celle des services, de la créativité et de l'innovation. Elle sera, je crois, bien plus belle, bien plus fascinante et nous permettra rapidement de retrouver croissance et confiance en nous...
Encore faut-il que les différents mécanismes politiques, économiques et sociaux qui ont fait à merveille l'ère précédente s'adaptent aux réalités nouvelles. Nous obstiner à appliquer coûte que coûte des modèles devenus obsolètes nous enverra rapidement vers des difficultés graves et des tensions extrêmes au sein du corps social. Tensions qui inévitablement emporteront avec elles ce qui a fait le ciment de notre république. Pourtant le temps presse ! Le blocage est là. Nous avons une chance historique d'inventer cette nouvelle ère et d'en être les promoteurs zélés. Il ne s’agit pas de perdre ce qui nous a rendu fort ou solidaire ou encore ce qui nous a protégé des malheurs de la vie, mais bien au contraire de gagner beaucoup plus et mieux à tous les points de vue. Pour cela, encore faut-il avoir le courage de rebattre les cartes et par conséquent, avoir le courage de retrouver ce que notre quotidien a gommé depuis des décennies : le sens du risque. Les idéologies qui ont tant bien que mal structuré nos sociétés tout au long du XIXème et du XXème siècle sont aujourd’hui des tares et des boulets que nous-mêmes et les générations futures ne pourront plus traîner derrière elles sans risquer de mettre en péril la civilisation que nous avons construite au fil des siècles.
Les importantes turbulences de ces derniers jours autour du CPE / CNE ou encore du projet de loi DADVSI ne sont que le reflet de notre incompréhension de notre nouvel environnement, notre refus obstiné de nous approprier les temps nouveaux afin de les modeler à notre image, à nos ambitions collectives, à nos rêves. En tant que citoyen et père je suis las et de plus en plus inquiet.
En tant que designer cette fois, je passe mes journées à promouvoir créativité, innovation, curiosité, ouverture d’esprit, bonheur d’être et d'inventer. L’auditoire est toujours réceptif, parfois passionné. Les actes, quant à eux restent désespérément rares…
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mars 17, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
13 mars 2006
« La plupart des mobiles viennent de Mars, le CL75 Poppy de Vénus »
C’est par cette affirmation empruntée au fameux ouvrage de John Gray que BenQ Siemens a lancé début février et à grand renfort de web marketing son nouveau CL 75 Poppy : Un mobile conçu par et pour des femmes nous dit-on. Alors qu’a-t-il de si féminin ce téléphone ? Et bien il est rose parbleu ! Une coque rose agrémentée d’une très élégante et très réussie sérigraphie représentant un coquelicot. Le Poppy introduit également une fonction totalement inédite sur un mobile : Un miroir pour les indispensables retouches de Blush. Mais il cache sous ses formes douces et sensuelles toujours beaucoup trop (à mon sens) de fonctions et de technologies diverses pour l’utilisateur lambda et ce, quel que soit son sexe, bien entendu.
Aujourd’hui, ce type de produit ne peut plus être sérieusement lancé sans une campagne de web marketing digne de ce nom. Jeux concours, accessoires, bijoux, blog marketing sur lequel cinq testeuses (les « ambassadrices ») relatent leurs quotidiennes Poppy’s aventures. De l’évènementiel, de l’humour et de la dérision (voir les vidéos des vestiaires) et surtout du marketing viral. Voilà pour l’Alpha et l’Omega.
Ce qui intéresserait le designer dans ce genre de produit destiné à une cible aussi déterminée et bien au-delà des incessants clichés de toutes sortes ou des simples souhaits exprimés, serait de savoir ce que représente tel objet aux yeux telle cible. Quels sont les comportements de l’utilisateur face à telles fonctions, à telles formes, à tels matériaux, à tel aspect. Quelle est son expérience utilisateur ? Quels sont les sens auxquels je fais instinctivement appel pour m’approprier tel objet ?
Je ne doute pas un seul instant que BenQ Siemens ait mené ce genre d’enquête, mais jusqu’où ? Et surtout qu’en sort-il en terme « d’outputs » ? Un objet somme toute standard dont la seule valeur ajouté est son ornementation tient plus du « coup marketing », éphémère par définition, que de la stratégie design qui, quant à elle, ne peut être mise en œuvre que sur du long terme en labourant profondément et en semant printemps après printemps.
Que peut-on faire pour aller au-delà de ses simples souhaits afin de proposer à l’utilisateur un objet neuf, utile et évident en termes d’utilisation et de sens ? Que peux-t-on mettre en œuvre pour qu’il se dise : « Tiens, je n’avais pas pensé à cela ! En fin de compte cet objet va bien au-delà de mes attentes et même de mes espérances ! » Quelle relation peut-on instaurer entre l’objet et l’utilisateur pour que celui-ci soit à long terme le meilleur des VRP ?
L’utilisation de codes culturellement déterminés aide dans un premier temps à « amorcer la pompe » et surtout à favoriser l’acte d’achat (c’est l’essence du packaging par exemple). Mais c’est bien après l’acte d’achat que tout se joue pour l’objet, l’utilisateur et… le designer ! Certaines entreprises naviguant dans tous les secteurs d’activités ont réussi au fil du temps (parfois des décennies) à créer un véritable lien affectif entre elles-mêmes, leurs productions et leurs clients… Une image vraie et forte, des produits ou des services forts et des utilisateurs comblés !
Quant au CL75 Poppy, n’oubliez pas : « Only for women ! »
mars 13, 2006 dans Design produit | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
07 mars 2006
Il y a des jours sans…
Le contexte dans lequel agit quotidiennement tout créatif (designer, graphiste, illustrateur, rédacteur…) a passablement changé ces dernières années. Tout a commencé par la révolution qui a touché au tournant des années quatre-vingt-dix nos outils de production. La table à dessin et les perroquets, le « Rotring », le papier Layout, les feutres Pantones et les pastels secs, la carte à gratter et la lame de rasoir ont été purement et simplement bannis de nos bureaux pour laisser la place à de beaux et (très chers) Macs affublés d’énormes écrans vingt pouces noir et blanc, des premières imprimantes laser monochrome Postcript et de disques dur aux capacités hallucinantes de 40 Mo...
Les anciens quant à eux (ceux qui savent) les photograveurs, les pros de l’éxé, les typographes, ceux qui maniaient la Linotype comme un pianiste manipule son Steinway de concert ont été purement et simplement éjectés du milieu sans autre forme de procès. Ils avaient un tort inexcusable, ils regardaient l’avènement de l’informatique avec crainte et dédain. Les petits jeunes qui les ont remplacés avaient tous les atouts de leur côté : Ils croyaient savoir utiliser Illustrator 88, Photoshop 1.0 ou Xpress 3 et cerise sur le gâteau, ils étaient très peu regardant côté salaire puisqu’ils n’étaient pas expérimentés. Ils représentaient de ce fait l’avenir. Les boîtes à colle, les x-actos, les odeurs de fixatifs et les « fers à repasser » avaient enfin et définitivement disparu des agences. Place aux bugs inexplicables (et à jamais inexpliqués) aux polices de caractères bâclées et aux Syquest 40 Mo. Le pire est qu’il n’y a pas eu dans ce contexte de passage de flambeau entre les anciens (vous savez, ceux qui savent) et les jeunes loups qui eux ont dû apprendre leur métier en prise directe avec le réel, armés de matériels et de logiciels qui ne pouvaient pas proposer plus que ce pour quoi ils avaient été programmés.
La révolution de l’informatique a simultanément touché tous les acteurs économiques. Il a été facile pour certains de croire qu’il suffisait d’un ordinateur et du logiciel adéquat pour transformer un stagiaire ou une assistante en créatif aguerri et en exécutant minutieux. Le métier, les savoir-faire se sont virtualisés au mieux, ont disparu au pire, au profit des seuls outils. J’ai quant à moi la faiblesse de penser que je sais cuisiner. Pour autant je n’aurais jamais la prétention de me croire cuisinier…
Dans ce contexte, certains discours simplistes font mal et nous laissent un goût amer. Sommes-nous condamnés à passer notre existence à justifier nos connaissances et nos savoir-faire, nos quatre ou cinq années d’études supérieures et nos tarifs ? Le créatif est-il condamné à « la fermer » et à exécuter ? Paradoxalement, on nous demande de plus en plus une activité de conseil, activité que nous savons parfaitement proposer, mais encore faut-il faire l’effort de nous écouter ! Notre rôle n’est pas de proposer des solutions clés-en-mains et encore moins de garantir des résultats spectaculaires, notre rôle est de sensibiliser nos interlocuteurs, de leur apprendre à croire en eux. Nous ne caressons pas les gens dans le sens du poil, cela aurait certes de multiples avantages pour nous, mais nous ne leur serions objectivement d’aucun secours. Nous sommes des épines dans les pieds, des électrons libres. En ce sens notre existence se révèle parfois salutaire.
L’Empereur Marketing…
Les problèmes de marketing regardent les spécialistes du marketing ! Les problèmes de création regardent les créatifs ! Le marketing considère qu’aucune activité économique n’est viable sans lui. C’est vrai, mais les marketeurs oublient simplement qu’au-delà des cibles et des statistiques il y a des cultures, des individus et toujours un projet d’entreprise…
…et l’Impératrice Finances
Le contexte économique n’est certes pas favorable aux idées nouvelles ou aux remises en questions. Pourtant, je suis intimement persuadé que nous n’avons pas le choix. Une certaine prise de risque ne peut être que salutaire, mais évidemment faites passer cela dans le marasme ambiant…
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire et j’ai comme un léger coup de blues… Sûrement passager, je me connais. J’ai lu ce matin cette interview de Gérard Caron sur Admirable Design, interview qui m’a permis de relire (une fois de plus) celle que Jean Perret leur avait accordée en septembre 2004 et que je vous invite à lire ou à relire. Criant de vérité… Je ne suis pas seul, donc tout va bien dirait le docteur Coué...
mars 7, 2006 dans Humeurs | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
06 mars 2006
Retrospective Charlotte Perriand
Charlotte Perriand est l’une des grande figure de l’architecture et du design du XXème siècle. Née avec celui-ci en 1903, elle l’a traversé en quasi-totalité avec bonheur, joie de vivre et avec une certaine dextérité à rejeter les conventions de toutes sortes. Sa sensibilité, son exceptionnelle capacité à prendre la vie du bon côté et son amour des autres, sans lesquels sont métier n’aurait eu à ses yeux aucune valeur, lui ont permit tout au long de sa vie d’aller à l’essentiel : « Le quotidien nous éloigne de l’essentiel, notre civilisation de consommation ne nous en rapproche pas. Travailler pour consommer, un cycle infernal pour faire tourner la machine, une sorte d’esclavage économique où la sublime beauté de la vie n’est pas prise en compte. Le sujet, c’est l’homme, dans la plénitude de ses facultés encore en latence, qui ne demande qu’à s’épanouir ».
Le centre Pompidou retrace son parcours jusqu’au 10 avril 2006. A consommer sans aucune modération.
L’exposition
Le dossier pédagogique du Centre Georges Pompidou
Une belle biographie de Peripheries.net
mars 6, 2006 dans Evénements | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack






