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15 juin 2005

Les aventuriers... du sens perdu

SensA priori, un mot pourrait résumer mon activité professionnelle, un mot qui irrigue mon quotidien de toute son étendue : « COHERENCE ». Il est ce qui relie tous les facteurs design de l’entreprise ; du portefeuille produit aux lieux de vente, en passant par le conditionnement, l’identité visuelle, les outils de vente ou de présentation. Il est indispensable certes, mais il n’est qu’une ligne rouge, un guide permanent...

En effet, le fait d’être « cohérent » ne suffit pas à une stratégie design efficace. Il est impératif d’aller au-delà de cette seule notion et de planter notre bâton de pélerin plus en amont encore, car à quoi cela sert-il de s’appuyer sur une stratégie cohérente si celle-ci est vide… de SENS ?

Le voilà le maître mot « SENS ! donner du SENS ! ». Il est le fondement, le pilier de toute stratégie design. Je suis parfaitement conscient que mes propos son teintés d’idéalisme, mais par les temps qui cours, je suis persuadé que nous devons aller chercher au plus profond de nous-même et de nos entreprises les armes et les ressources qui nous ferons non seulement avancer mais aussi et surtout gagner (et je ne pense pas qu’aux parts de marché).

En effet, de quelles armes disposons-nous de prime abord ? Il s’agit de la finance, du management, des ressources humaines, du marketing, la technologie, l’innovation, la communication… Tous les chefs d’entreprises parleront d’abord de leurs objectifs et de leur stratégie, puis des outils et des ressources à leur disposition pour la mettre en œuvre, puis en attendront les résultats l’année d’après : Ma stratégie a-t-elle porté ses fruit ? Où en est notre part de marché ? A-t-elle progressée ? Nos marges sont-elles meilleures cette année ? Faites-moi un topo sur la situation de nos concurrents. Quelles sont nos marges de progression ? etc… Ces questions sont bien sûr frappées du bon sens le plus élémentaire et demandent des réponses précises, mais au-delà qu’en est-il ?

Va-t-on se résoudre à se bagarrer ad vitam aeternam à coup d’études marketing encore et toujours plus fines ? de coûts de production encore plus serrés et en fin de compte à vouloir faire toujours plus avec toujours moins ? La réponse est « OUI » sans ambiguïté ! Il nous faut absolument apprendre l’efficacité au meilleur coût. Le problème est qu’on ne peut se résoudre à éternellement suivre cette voie. On se trouve toujours un jour ou l’autre « au taquet », ce fameux curseur qui nous dit « ou tu t’arrêtes là, ou tu renvoi tout le monde à la maison ! ». Alors comment passer le mur du son ?

La piste du design global
Je considère que le design global est une démarche créative (et créatrice), complète, cohérente et qui ne peut porter ses fruits qu’à moyen ou long terme. Mais au-delà, et je l’ai déjà exprimé lorsque j’ai parlé de mon parcours, le design est avant tout un état d’esprit ! De ce fait, il est également psychologie… Alors comment injecter du sens à nos réalisations ? D’abord en se remettant en cause et en se posant perpétuellement un certain nombre de questions fondamentales :

- Quelle est la « vision » qui me guide et qui guide mon entreprise ?
- Quelles sont nos compétences, nos savoir-faire, que peut-on offrir ?
- Mon entreprise répond-t-elle aux attentes de ses clients et qu’attentent-ils en retour de nous ?
- Mon entreprise est-elle un tout, unique et cohérent et le proclame-t-elle, le montre-t-elle ?
- Ai-je fait le pari de la simplicité et de la sincérité ?

Ensuite et c’est là l’essentiel, en axant toujours sa réflexion autour de « l’utilisateur », car l’utilisateur est toujours bien plus qu’un simple « client » (nous y reviendrons dans de futurs posts).

Le design ne se substitut en rien aux ressources classiques de l’entreprise…. Il se propose d’aborder leur développement selon un angle différent, plus global justement. Le designer prend en compte d’une part toutes les contraintes et les savoir-faire propres à chaque entreprise, et d’autre part il doit faire l’effort de se substituer, le temps de sa mission en tout cas, à l’utilisateur. Son rôle est primordial, son rôle est celui « d’interface ».

La réflexion du designer se nourrie de considérations bien plus vastes que la simple réponse « technique » à un cahier des charges. En ce sens, « faire du design » ne peut pas se résumer à dessiner un « joli produit » ou un « joli logo » (avec toute la subjectivité que cela implique). Un beau produit, un produit réussi, n’est rien de plus que la résultante d’une démarche de fond initiée très en amont.

Partir à la quête du sens, voilà ce que propose toute démarche design…

juin 15, 2005 dans Analyses | Permalink

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